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Criminalité : L’Église catholique romaine en Haïti condamne l’assassinat « odieux et lâche » de deux religieuses à Mirebalais

Plateau central (Haïti), 3 avril 2025 [AlterPresse] --- La Conférence épiscopale d’Haïti (Ceh) de l’Église catholique romaine déplore la perte tragique des Sœurs Evanette Onezaire et Jeanne Voltaire, deux membres des petites sœurs de la communauté Sainte-Thérèse, brutalement assassinées le lundi 31 mars 2025 à Mirebalais (Plateau central) par des bandes armées, dans un communiqué signé par son porte-parole, Marc Henry Siméon, transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Estimant combien les autorités en place ont clairement failli à leur mission et combien la nation est en péril, la Ceh se dit sidérée par l’attitude des autorités, qui étaient alertées sur l’imminence de cette attaque.

« Deux sœurs, deux âmes consacrées à l’amour, qui sont tombées sous la violence aveugle, laissant derrière elles un silence déchirant. Un silence, où résonnent leurs prières inachevées, leurs œuvres interrompues, leurs vies données jusqu’au bout ».



Ce départ brutal est vécu comme « une blessure » pour la foi chrétienne et « un fardeau trop lourd », souligne la Ceh, tout en condamnant « l’injustice et l’absurdité d’un monde, qui semble s’effondrer sous le poids du mal ».

« Livrées à l’horreur aveugle de la violence, nos sœurs avaient fait le choix du don total. Leur sang, comme celui des martyrs, ne sera pas vain », affirme-t-elle.

L’Église catholique romaine en Haïti appelle les artisans des violences et les instigateurs des crimes au « respect de la vie et de la dignité de ce peuple meurtri ».

Un appel à la solidarité, à la vigilance et à la prière est aussi lancé, afin que les « frères et sœurs, assailli-e-s par la violence, ne se laissent point habituer ni entrainer au mal ».

Ce drame est survenu dans un contexte de violences croissantes des gangs armés, qui tuent de nombreuses personnes, violent des femmes et des filles, incendient un nombre indéterminé de maisons et d’entreprises commerciales en Haïti, forçant des milliers de personnes à fuir leurs quartiers et maisons.

L’attaque du lundi 31 mars 2025 des gangs armés de la coalition criminelle Viv Ansanm a favorisé l’évasion de plus de 500 détenus à la prison civile de Mirebalais, détruite par ces gangs.

Le commissariat de police de la ville a également été incendié.

Plusieurs pertes humaines, tant parmi les civils que les criminels, ont été enregistrées.



L’escalade des violences des gangs armés a forcé de nombreuses habitantes et de nombreux habitants à fuir Mirebalais, toujours en proie à la terreur terroriste.

Jusqu’à présent, les autorités peinent à rétablir l’ordre et à protéger la population. [emb rc apr 03/04/2025 13:35]