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L’Unicef s’inquiète de l’ampleur des traumatismes infligés aux enfants par les gangs en Haïti

Par Emmanuel Marino Bruno

P-au-P, 26 mars 2025 [AlterPresse] --- Le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) tire la sonnette d’alarme sur l’ampleur des souffrances traumatisantes, endurées par les enfants et les jeunes vulnérables face aux violences des gangs armés, dans une déclaration dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

De nombreuses familles vulnérables sont poussées au bord du gouffre, dans un contexte de chaos qui continue de priver les enfants de services vitaux et de les exposer à de graves dangers, dresse le directeur exécutif adjoint de l’Unicef, le Libano-Américain Edward (Ted) Chaiban, au terme d’une visite en Haïti, du 20 au 24 mars 2025, afin d’évaluer l’impact de la crise sur les enfants et les familles vulnérables.

Chaiban informe avoir visité un site de déplacements, installé dans une école à Port-au-Prince, où plus de 7,000 personnes déplacées - la moitié étant des enfants - vivent difficilement, après s’être échappées sous les tirs de gangs armés.

Les maisons de plusieurs familles déplacées ont été incendiées. Leur accès à la nourriture, à l’eau et aux soins a été brutalement interrompu, déplore l’Unicef.

Aux Gonaïves, dans l’Artibonite, Edward (Ted) Chaiban a également visité un centre de santé. menacé de fermeture, qui accueille jusqu’à 500 personnes par jour, dont des mères et leurs nouveaux-nés, des femmes enceintes, des enfants malnutris et des victimes de violences sexuelles.

L’Unicef estime vital de maintenir les services sociaux, malgré la pression des violences et la pénurie de ressources.


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« Le système de santé est au bord de l’effondrement. Plus de la moitié des hôpitaux du pays ne fonctionnent plus, avec un seul hôpital public encore actif à Port-au-Prince ».

L’éducation est assiégée en Haïti, où près d’1,5 million d’enfants sont déscolarisés ou à risque élevé de décrochage, ajoute l’Unicef, signalant combien des centaines d’écoles ont été détruites, occupées ou transformées en abris pour les personnes déplacées.

« Sans éducation, l’avenir de ces enfants leur est volé. Sans protection, ils risquent d’être recrutés par des groupes armés ou exposés à des violences innommables. On estime que 30 à 50 % des membres de ces groupes sont des enfants ».

« Les filles, en particulier, sont de plus en plus exposées à des violences sexuelles et sexistes, que ce soit aux mains des groupes armés ou dans des sites de déplacements, qui ne disposent pas d’une protection suffisante », poursuit l’Unicef.

Le Fonds des Nations unies pour l’enfance souligne l’urgence de protéger les enfants et de garantir l’accès aux services essentiels.

Il insiste sur la nécessité d’une action coordonnée, menée par le gouvernement haïtien,

L’Unicef déclare chercher 272 millions de dollars americains (Ndlr : Us $ 1.00 = 132.00 gourdes ; 1 euro = 142.00 gourdes ; 1 dollar canadien = 92.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.40 gourdes aujourd’hui) pour répondre aux besoins les plus urgents des enfants alors que seuls 15 millions ont été reçus à ce jour.

Il prévoit d’atteindre 128,000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère, estimant combien, sans financement soutenu du gouvernement et de ses partenaires, chaque enfant serait exposé à des risques accrus. [emb rc apr 26/03/2025 13:45]