Reportage - photo : Quand Haïti reçoit les corps de ses trois fils brûlés vifs en R. Dominicaine

P-au-P., 26 aout 05 [AlterPresse] --- Ce jeudi 25 août, à la vue des corps calcinés des trois jeunes Haitiens assassinés la semaine dernière en République Dominicaine, la délégation multisectorielle haitienne ne parvient pas à contenir sa consternation.

A Malpasse, l’attente

Il est environ 18:00 lorsque les cercueils de Gilbert Dominique (22 ans), Willy Pierre (20 ans) et Paul Marc (19 ans) sont livrés aux représentants des organismes de défense des droits humains haïtiens et dominicains, des anciens rapatriés et des représentants d’autres secteurs au niveau de la frontière haitiano-dominicaine de Malpasse.

Arrivée de la delegation dominicaine au poste frontalier de Malpaso.
Des Dominicains observent
Militaires dominicains a Malpaso
Les cercueils des 3 victimes dans le "no man’s land" entre les deux pays, faisant route vers Haiti
Une fois a Malpasse, les cercueils sont recouverts du bicolore haitien
La délégation découvre le visage d’une des victimes, au travers de la vitre de son cercueil

Eplorée, Colette Lespinasse, coordonnatrice du Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) attribue l’agression contre des compatriotes à la sauvagerie. « Ces brûlures traduisent le niveau de cruauté des assassins », s’indigne-t-elle.

Colette Lespinasse (au fond) et une partie de la délégation des secteurs sociaux haitiens

Colette Lespinasse presse les autorités haïtiennes d’entreprendre des actions en vue du respect des droits des Haïtiens en territoire dominicain. Elle exige également, des responsables de l’Etat, la mise en œuvre de programmes de développement et de création d’emplois pour offrir d’autres alternatives aux candidats haitiens à la migration.

Des bougies allumées pour symboliser l’espoir

Bernius Pierre, agé de 20 ans, qui a échappé de justesse à la furie des agresseurs dominicains, est aussi présent. Il explique comment le triple crime a été perpétré contre les trvailleurs migrants à Haina, en périphérie de Santo Domingo.

B. Pierre témoigne
Berlius Pierre, rescapé de l’agression du 16 aout, sous forte emotion et révolté
Les traces de ses blessures

Les criminels ont ligoté les trois jeunes avant de les asperger d’un liquide inflammable et d’allumer le feu, raconte-t-il. « Je suis parti en courant au moment où ils ligotaient les 3 autres Haitiens. Ils avaient commencé à me frapper a coup de machettes, mais j’ai profité d’un instant d’inattention de leur part pour m’enfuir », témoigne le jeune rescapé, montrant des traces de ses blessures.

Sonia Pierre, une Dominicaine d’origine haitienne, responsable du Mouvement des Femmes Haitano-dominicaines (MUDHA)attire l’attention des autorités sur l’élimination systématique de migrants haitiens en République Dominicaine.

Sonia Pierre, de MUDHA

Selon Sonia Pierre, « en deux mois, 24 Haitiens sont morts dans des circonstances peu claires, et le suivi judiciaire traine ». Elle presse les gouvernements des deux pays à prendre des dispositions pour freiner ces actes.

Evans Paul, candidat a la presidence de l’Alliance Democratique

Le candidat à la présidence de la coalition « Alliance Démocratique », Evans Paul, présent à Frontière, condamne l’acte odieux et souligne qu’ « il est du devoir du gouvernement de s’organiser de manière à obtenir que les Dominicains respectent les droits des Haitiens ».

Sur place, un sit-in est organisé par des militants de secteurs sociaux pour dénoncer les rapatriements massifs et les violations répétées des droits des migrants haïtiens en République Dominicaine.

Les militants des mouvements sociaux prônent le respect du protocole d’accord signé par les deux Etats sur la problématique de la migration. [lf gp apr 16/08/05 10 :30]