Par Gotson Pierre
P-au-P., 11 mars 2025 [AlterPresse] --- Une délégation de haut niveau, dirigé par Frinel Joseph, membre du Conseil présidentiel de transition est en déplacement cette semaine au Pérou et au Mexique afin d’échanger avec les responsables d’institutions électorales de ces pays autour du processus référendaire et électoral enclenché en Haïti, apprend AlterPresse.
Dans ce voyage qui s’étend du 10 au 14 mars, Frinel Joseph est accompagné de Jacques Desrosiers et Jaccéus Joseph, membres du Conseil électoral provisoire (Cep), Joram Vixamar, membre du Comité de pilotage de la conférence nationale et de la réforme constitutionnelle, ainsi que Reynold Guerrier, directeur général de l’Office national d’identification (Oni), indique la présidence dans un communiqué.
Cette mission, facilitée par l’Organisation des États américains (Oea) et les Nations-Unies, « vise à renforcer la coopération internationale en faveur de la réforme constitutionnelle en cours et à mobiliser un soutien accru pour l’organisation des prochaines élections générales en Haïti ».
Les deux processus ont été lancés au cours des 10 derniers mois de transition, dans un contexte de crise qui n’a pas cessé de s’aggraver, notamment en matière de sécurité.
Insécurité et violence des gangs, obstacles majeurs
La violence des gangs a fait 5,600 morts en 2024. Les groupes criminels continuent de maintenir la capitale et d’autres régions du pays sous forte pression, notamment dans l’Artibonite. Leurs exactions ont forcé plus d’un million de personnes à se déplacer de leurs demeures, de janvier 2023 à décembre 2024, pour aller se réfugier ailleurs. Leur offensive n’a fait que se renforcer durant le premier trimestre de 2025, alors que la libre circulation des personnes et des biens reste toujours compromise.
A la fin du mois de février, le premier ministre de transition Alix Didier Fils-Aimé a rappelé les grandes priorités de son gouvernement, avec un accent particulier sur la sécurité, la crise humanitaire et l’organisation des élections. Il a reconnu que la sécurité est indispensable à la tenue des élections.
Une force opérationnelle « task force », mise en place par le Cpt et le gouvernement, a frappé, la semaine dernière plusieurs foyers de gangs à la capitale, à l’aide de drones explosifs. 20 morts et plus d’une trentaine de blessés seraient recensés dans des bases de bandits, selon un bilan non confirmé par la police.
Fritz Alphonse Jean, nouveau président du Cpt, entré en fonction le 7 mars dernier, prône la formulation d’un « budget de guerre » pour faire face à la violence des gangs. Son entourage promeut également un « effort de guerre » avec des dépenses conséquentes, mais aussi une austérité au niveau du train de vie de l’État.
Faible probabilité de l’aboutissement des processus référendaire et électoral
Tout comme plusieurs franges de la population, le secteur Montana, duquel est issu Fritz Jean, rejette purement et simplement le « referendum illégitime et insensé » que prépare le Cep. Un processus jugé non transparent et excluant.
Un appel paraphé par les membres du Bureau suivi de l’Accord de Montana et plus de 500 organisations et institutions en Haïti et dans la diaspora, est adressé en ce sens au pouvoir de transition. Les entités qualifient le processus réalisé dans les conditions actuelles controversées, d’ « acte de trahison contre la Nation » et de « tentative de trafiquer la Loi Mère de notre pays ».
D’autre part, « il paraît peu probable que des élections puissent se tenir en toute sécurité à court terme », estimait en février dernier l’International crisis group, un think tank qui travaille sur le dossier haïtien depuis de nombreuses années.
« Au lieu de se précipiter vers les élections, le gouvernement de transition devrait se concentrer sur les aspects concrets d’une gouvernance responsable ».
« Les autorités devraient se hâter de nommer un Conseil national de sécurité et de fournir au secrétaire d’État à la Sécurité publique le soutien nécessaire pour élaborer une stratégie visant à atténuer la violence, fondée sur des mesures concrètes et réalistes », recommande International crisis group. [gp apr 11/03/2026 06 :00]
