P-au-P, 14 janv. 2025 [AlterPresse] --- Les mesures nécessaires, envisagées par les autorités de la transition afin de récupérer les enfants recrutés par les gangs armés en Haïti, constitueraient une initiative positive, estime la représentante spéciale du secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) et cheffe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), l’Équatorienne Maria Isabel Salvador, dans une prise de position dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
En réaction à un article publié par AlterPresse, qui a rapporté l’annonce gouvernementale, la cheffe du Binuh s’est dit prête à s’engager « pour la réussite de cette initiative, qui permet de rêver d’un meilleur avenir pour ces enfants, et pour la paix ».
« On ne pourra pas avancer qu’en y mettant plusieurs bonnes volontés ensemble. À travers l’éducation, la formation professionnelle, la culture civique, les sports, les arts, des programmes de reforestation, ces enfants auront une opportunité de s’en sortir. Et si on s’engageait tous dans ce projet ? », déclare-t-elle.
Lors d’un Conseil des ministres, tenu le mercredi 8 janvier 2025, les autorités de la transition ont discuté des mesures et stratégies nécessaires, pour réhabiliter la Maison de rééducation, communément appelée « Centre d’accueil », afin de récupérer les enfants recrutés par les gangs armés en Haïti, signalait une note du bureau du premier ministre Alix Didier Fils-Aimé.
La réhabilitation de ce Centre d’accueil d’enfants, qui était établi dans la commune de Carrefour, devrait permettre de réintégrer dans la société les enfants recrutés par les gangs armés et leur offrir « une trajectoire socio-professionnelle viable », ont anticipé les autorités de la transition, qui n’ont pas précisé dans quelle commune sera mis en place le Centre d’accueil des enfants.
« En raison de leur précarité, de nombreux enfants sont attirés ou forcés à rejoindre ces groupes criminels, les privant de leur potentiel de bâtisseuses et bâtisseurs de demain », a déploré le gouvernement, soulignant combien la question de la sécurité reste une priorité majeure pour l’équipe de transition.
Le nombre d’enfants haïtiens, recrutés par les gangs, a augmenté de 70 % au cours de l’année 2023, ont dénombré les Nations unies.
Environ 21 mille enfants de Port-au-Prince ont été contraints d’abandonner leurs foyers au cours des deux dernières semaines (en novembre 2024), en raison de l’escalade des violences des gangs armés, a alerté l’organisation internationale Save the Children, dans une note en date du 27 novembre 2024.
De janvier 2023 à novembre 2024, les violences des gangs armés ont poussé environ 365 mille enfants à se déplacer de leurs domiciles dans différents quartiers. [emb rc apr 14/01/2025 09:40]
