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Violences des gangs : Plus de 5,600 morts en 2024 en Haïti, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains préconise de s’attaquer aux causes profondes

P-au-P, 07 janv. 2025 [AlterPresse] --- Face aux violences des gangs armés, qui ont causé la mort de plus de 5,600 personnes en Haïti, au cours de l’année 2024, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits humains (Hcdh) encourage des efforts supplémentaires de la part des autorités étatiques, avec le soutien de la communauté internationale, pour s’attaquer aux causes profondes, dans un document dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Ce chiffre représente une hausse de plus de 1,000 personnes en 2024 par rapport au nombre total de victimes tuées en 2023, relève le Hcdh.

Il y a eu 2,212 personnes blessées recensées en 2024 et 1,494 autres kidnappées par les gangs.

Au moins 207 personnes ont été tuées les vendredi 6 et samedi 7 décembre 2024, lors d’un massacre orchestré par le chef de gang Micanor Altès, connu aussi sous le nom de Monel Félix (alias Wa Mikanò) au Wharf Jérémie, non loin du bord de mer de Port-au-Prince, dans la commune de Cité Soleil, rappelle le Hcdh.

Micanor Altès a accusé des personnes âgées d’avoir provoqué la mort de son fils par des pratiques présumées du vodou.

Du samedi 7 au mardi 17 décembre 2024, environ 11,000 personnes ont été contraintes de fuir Poste Marchand et ses environs, en raison des violences des gangs armés, selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (Oim), publié le vendredi 3 janvier 2025.

95% de ces personnes se sont réfugiées dans 18 sites, dont 4 nouvellement créés et 14 qui existaient avant ces attaques de gangs armés, a précisé l’Oim.

Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits humains, l’Autrichien Volker Türk, signale une prédominance de l’impunité pour les violations des droits humains et des abus, ainsi que de la corruption, en Haïti.

Le Hcdh exhorte la Police nationale d’Haïti (Pnh), avec le soutien de la communauté internationale, à renforcer ses mécanismes de contrôle, afin de demander des comptes aux policiers nationaux, qui seraient impliqués dans des violations des droits humains.

315 lynchages de membres de gangs et de personnes prétendument associées à des gangs ont été dénombrés. Ils auraient parfois été facilités par des policiers haïtiens, en 2024, selon le Hcdh.

Entre les 1er janvier et 31 décembre 2024., 281 cas d’exécutions sommaires présumées, impliquant des unités de police spécialisées, ont été également recensés.

Le rétablissement de l’État de droit doit être une priorité, estime Volker Türk, soulignant combien la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti a besoin du soutien logistique et financier nécessaire pour aider la Pnh à combattre les gangs armés.

Plus de 150 militaires guatémaltèques et salvadoriens déployés en Haïti

75 militaires guatémaltèques et 8 autres salvadoriens ont été accueillis, le vendredi 3 janvier 2024, à Port-au-Prince, par le président du Conseil présidentiel de transition (Cpt), Leslie Voltaire, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le directeur général ad intérim de la Pnh, Rameau Normil, le commandant de la Mmas, l’Inspecteur général Godfrey Otunge de la police kenyane, entre autres.

Un autre contingent de 75 soldats guatémaltèques est arrivé dans la capitale, le samedi 4 janvier 2025.

Ces nouveaux contingents rejoignent ceux du Kenya, de la Jamaïque, des Bahamas et de Belize, déjà présents sur le terrain.

Par ailleurs, Volker Türk considère comme essentiels l’embargo sur les armes et la pleine mise en œuvre du régime de sanctions du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) pour empêcher la fourniture d’armes à feu et de munitions au pays.

« Les armes (et munitions), qui arrivent en Haïti, finissent souvent entre les mains des gangs criminels, avec des résultats tragiques : des milliers de morts, des centaines de milliers de personnes déplacées, des infrastructures et des services essentiels, tels que les écoles et les hôpitaux, perturbés et détruits ».

Le régime de sanctions en vigueur en Haïti a été reconduit, le vendredi 18 octobre 2024, pour un an, jusqu’au 18 octobre 2025.

Le Conseil de sécurité de l’Onu avait adopté, le 19 octobre 2023, la résolution 2700, qui reconduit l’embargo sur les armes en Haïti, pour empêcher la fourniture d’armes à des acteurs non étatiques, ainsi qu’un gel ciblé des avoirs et des mesures d’interdiction de déplacement.

A été aussi adoptée, le 21 octobre 2022, à l’unanimité, une résolution établissant un régime de sanctions pour Haïti, qui cible les chefs de gangs et ceux qui les financent, dans la perspective d’atténuer les violences dans la république caribéenne. [emb rc apr 07/01/2025 10:35]