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2025, étape cruciale pour Haïti

Par Gotson Pierre

P-au-P., 6 janv. 2025 [AlterPresse] --- L’année 2025, dont les premiers jours s’écoulent rapidement, saura-t-elle ralentir l’élan criminel des gangs, ayant ravi les vies de 5000 personnes au cours des 12 derniers mois ?

L’année 2025, verra-t-elle au moins une amélioration des conditions de vie infrahumaines qui s’étendent avec les camps de déplacés internes, obligés d’abandonner leurs domiciles dans des quartiers occupés par les gangs, qui augmentent inexorablement leur emprise sur plusieurs régions ?

L’année 2025, marquera-t-elle un recul de l’insécurité alimentaire qui menace dangereusement plus de la moitié de la population haïtienne ?

Derrière ces interrogations, se profilent des vœux traduisant un mince espoir. Mais, aucun signal ne tend à rassurer quant à la possibilité d’offrir d’autres perspectives à la société.



Haïti est en « guerre » contre les gangs. C’est ce que déclarent les autorités le premier janvier, à l’occasion du 221e anniversaire de l’indépendance d’Haïti. Elles interpellent l’ensemble des secteurs de la population, afin que chacun joue sa participation pour aider à renverser cette situation caractérisée par une offensive implacable des gangs.

A bien écouter le discours du président du Conseil présidentiel de transition (Cpt), il semblerait reconnaitre que les forces de l’ordre à elles seules ne pourront gagner cette « guerre ». Malgré des efforts consentis, surtout au cours des dernières semaines.



Qu’est-ce qui sera concrètement mis en œuvre en vue d’un véritable engagement politique dans cette « guerre » ?

Que comptent faire les autorités pour gagner la confiance de la population et créer au sein de cette dernière la conscience de sa capacité à remporter cette « guerre » ?

Comment les responsables d’État entendent-ils aplanir des contradictions susceptibles d’apparaitre dans le paysage politico-social au cours de ce premier trimestre de l’année, surtout que le mandat de l’actuel président du Cpt prend fin en mars prochain ? Parviendront-ils à gérer un ensemble d’éléments ou de comportements qui pourraient rendre le contexte favorable à « l’adversaire » ? D’autant que, le plus souvent, le printemps représente un cap difficile à passer en politique en Haïti.

La « guerre » contre les gangs exige des effectifs policiers et militaires, des armes et munitions, des moyens logistiques, une approche stratégique et des éléments tactiques, sans oublier une atmosphère politique.

Il faut un plan de communication politique bien défini - « communication de guerre » - basé sur les besoins réels du moment et accompagnant des interventions tant au niveau sectoriel que général.

Un plan de communication mis en œuvre suivant une méthodologie et à travers des moyens appropriés, pour pouvoir transmettre à la population les messages nécessaires à sa mobilisation.

Sans la prise en compte de l’ensemble de ces considérations, Haïti risque de connaître des jours encore plus tristes en 2025. [gp apr 06/01/2025 07 :30]