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Haïti-Criminalité : Les femmes et hommes d’affaires formelles de l’Ouest révolté-e-s par la terreur des gangs

P-au-P, 19 déc. 2024 [AlterPresse] --- « La nation ne peut plus attendre et n’en peut plus. Il y a une limite à cette résilience légendaire devant l’inacceptable ».

Tel est le cri d’alarme des femmes et hommes d’affaires formelles membres de la Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest (Ccio), face à l’absence d’actions institutionnelles pertinentes contre a terreur et autres actes de violences des gags armés en Haïti, dans une lettre ouverte, en date du 18 décembre 2024, adressée au Conseil présidentiel de transition (Cpt) et au premier ministre d’Haïti, Alix Didier Fils-Aimé, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Nous ne pouvons pas accepter l’inacceptable. Ces tragédies graves et troublantes, qui ont coûté la vie à des milliers d’innocent-e-s, dépassent l’entendement. Aux massacres de Wharf Jérémie, ceux perpétrés à Solino, Poste Marchand et Bel Air (Port-au-Prince), pour ne citer que ceux-là, s’ajoutent tous les massacres perpétrés dans le pays, dont celui de Pont Sondé le jeudi 3 octobre 2024 dans l’Artibonite et le massacre de la Petite Rivière de l’Artibonite, qui témoignent d’une violence innommable et insupportable », exprime la Ccio.

De tels actes « ne peuvent pas être qualifiés de massacres, mais d’actes terroristes, vu leur violence gratuite », ajoute la Ccio, très inquiète face à la situation désastreuse dans laquelle Haïti s’enlise.

Les vendredi 6 et samedi 7 décembre 2024, le chef de gang Micanor Altès, connu aussi sous le nom de Monel Félix (alias Wa Mikanò) a fait massacrer, pour cause supposée de sorcellerie, plus de 200 personnes dans le quartier de wharf Jérémie, à Cité Soleil (non loin du bord de mer de Port-au-Prince), .

En juin 2012, Micanor Altès avait exécuté 12 vielles femmes et manbo (prêtresses du vodou), accusées à tort de sorcellerie, a rappelé le regroupement Combite pour la paix et le développement (Cpd), dans une note d’alerte.

De plus, les gangs armés ont tué et blessé un nombre indéterminé de personnes dans les quartiers de Solino, de Nazon et de Poste Marchand, où des centaines de familles ont été contraintes de fuir ces violences.

La Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest fait état de près de la moitié de la population haïtienne, souffrant d’insécurité alimentaire aiguë, ainsi que de la poursuite des violences qui perturbent le quotidien et les activités économiques.

Il incombe au gouvernement de mettre en place des programmes sociaux et mesures d’accompagnement nécessaires pour améliorer les conditions de vie des personnes les plus vulnérables, avance-t-elle.

« Un État responsable doit collecter les ressources indispensables, notamment en adressant le problème de la contrebande et particulièrement à la frontière pour assurer le bon fonctionnement de la Police et de l’armée d’Haïti, et d’équiper et rémunérer adéquatement ces corps pour combattre l’insécurité et venir en aide à nos frères et sœurs en détresse ».

La Chambre de commerce et d’industrie de l’Ouest demande à l’État de prendre des mesures urgentes et décisives, car « le temps des discours et des hésitations est révolu ».

Elle exige des autorités une mobilisation sans faille pour instaurer la sécurité, restaurer l’autorité de l’État et rebâtir les conditions d’une croissance économique durable et un avenir meilleur pour toutes les Haïtiennes et tous les Haïtiens. [emb rc apr 19/12/2024 12:25]