P-au-P, 13 déc. 2024 [AlterPresse] --- L’organisation de défense des droits humains Fondasyon je klere (Fjkl) appelle à des mesures urgentes pour mettre un terme à la balkanisation d’Haïti (c’est-à-dire le morcellement des territoires du pays), suite aux violences des gangs armés, dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Elle recommande la mise en place d’une Force armée de métier, par le recrutement massif et la formation intensive de soldats dans des centres de formation à établir à Port-au-Prince, au Cap-Haitien (Nord), aux Gonaïves (Artibonite) et aux Cayes (Sud) en vue d’arriver dans six mois à un effectif de quinze à vingt mille soldats.
Le renforcement de la Police nationale d’Haïti (Pnh) et de ses unités spécialisées et la mise en place d’un service de renseignement efficace tant pour le renseignement stratégique qu’opérationnel sont parmi les propositions de la Fjkl.
La Fjkl demande de doter les forces de l’ordre en matériels et équipements adaptés au besoin de sécurité actuel.
Par ailleurs, elle exige l’arrestation et le jugement des auteurs des massacres, des actes de kidnapping, de viols et d’incendies
Le massacre de Cité Soleil ainsi que celui à la Petite Rivière de l’Artibonite par le gang Gran Grif de Savien confirment la nécessité pour le pouvoir en place de prendre toutes les dispositions en vue de mettre un terme à la balkanisation du pays, estime la Fondasyon je klere.
Au moins 70 morts auraient été dénombrés dans le massacre à la Petite Rivière de l’Artibonite, les mardi 10 et mercredi 11 décembre 2024, selon des informations rapportées par les médias locaux.
La Fjkl se dit consternée et révoltée par le récent massacre survenu les vendredi 6 et samedi 7 décembre 2024, à Cité Soleil, dans la zone de Wharf Jérémie, zone contrôlée par le chef de gang Jean Monel Félix ou Micanor Altès alias Wa Mikanò.
Plus de 200 personnes ont été assassinées dans cette tuerie.
Prétextant que son fils est décédé en raison du mauvais sort jeté sur lui par des loup-garous, Micanor et ses soldats ont décidé de tuer toutes les personnes âgées ou celles ayant des cheveux blancs vivant dans la zone, rapporte-t-elle.
« Les gens sont arrachés de chez eux par les soldats du chef de gang. Ils sont poignardés, décapités et leurs cadavres calcinés ou jetés dans la mer ».
En 2008, sur recommandation d’un prêtre de vodou, il a tué sept (7) mambos pour se renforcer mystiquement, rappelle la Fjkl.
En 2012, un hougan lui avait recommandé de tuer une douzaine de femmes pour les mêmes raisons.
Micanord a aussi ordonné à certains de ses soldats de tuer leurs mères sous peine d’être exécutés par d’autres soldats en cas de refus.
« Tous les mardis et vendredis il organise des cérémonies mystiques chez lui qui donnent lieu parfois à des actes macabres. Depuis le massacre du week-end, la terreur s’installe depuis dans la zone », révèle la Fjkl.
Les téléphones des habitantes et habitants sont aussi vérifiés pour éviter la publication d’images. [mff emb apr 12/12/2024 13:55]
