Español English French Kwéyol

Haïti-Criminalité : Ferme condamnation de la communauté internationale du massacre au Wharf Jérémie

P-au-P, 10 déc. 2024 [AlterPresse] --- L’organisation des Nations unies (Onu), les gouvernements des États-Unis d’Amérique, de la France et du Canada déclarent condamner « avec la plus grande fermeté » le massacre d’au moins 184 personnes, essentiellement des personnes âgées, dans le quartier de Wharf Jérémie, dans la commune de Cité Soleil (nord de la capitale, Port-au-Prince), les vendredi 6 et samedi 7 décembre 2024, dans des déclarations dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le secrétaire général de l’Onu, le Portugais António Guterres, dénonce cette tuerie, perpétrée par le gang armé de Micanor Altès contre au moins 184 personnes, dont 127 hommes et femmes âgés, rapporte son porte-parole, Stéphane Dujarric.

Guterres en profite pour exprimer sa sympathie et ses condoléances aux familles des victimes de « cet acte horrible ».

Tout en s’insurgeant contre les violences persistantes des gangs et les pertes en vies humaines en Haïti, l’Onu appelle les autorités haïtiennes à mener une enquête approfondie et à veiller à ce que les auteurs de ces violations et abus des droits humains soient traduits en justice.

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Onu appelle de nouveau les États membres à fournir à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti un soutien financier et logistique nécessaire, pour aider avec succès la Police nationale d’Haïti (Pnh) à lutter contre les violences des gangs armés.

Toutes les parties prenantes haïtiennes sont aussi invitées à accélérer les progrès dans la transition politique.

Le chef de gang Micanor Altès, connu aussi sous le nom de Monel Félix (alias Wa Mikanò), est pointé du doigt dans ces assassinats sommaires au Wharf Jérémie.

Le chef de gang aurait accusé les nombreuses personnes exécutées d’être responsables de la maladie de son enfant, qui serait due à la sorcellerie, selon les informations disponibles.

En juin 2012, Micanor Altès avait exécuté 12 vielles femmes et manbo (prêtresses du vodou), accusées à tort de sorcellerie », a rappelé le regroupement Combite pour la paix et le développement (Cpd), dans une note d’alerte.

Sur son compte X, le secrétaire d’État adjoint du gouvernement étasunien pour les affaires de l’hémisphère occidental, Brian Andrew Nichols, se dit consterné par les informations, selon lesquelles des gangs ont massacré plus de 200 personnes en Haïti.

Le gouvernement des États-Unis condamne fermement « ces meurtres brutaux, perpétrés par des gangs qui continuent d’aggraver les souffrances du peuple haïtien », souligne Nichols, qui exhorte la communauté internationale à renforcer son soutien à la Mmas.

Tout en exprimant son plein soutien à l’État et au peuple haïtiens, le gouvernement de la France dit saluer l’engagement des autorités nationales à poursuivre devant la justice les auteurs de ces crimes barbares, dans une note.

Le gouvernement de la France renouvelle son appui à la Pnh, aux Forces armées d’Haïti (Fad’h) et à la Mmas, pour rétablir la sécurité dans le pays face aux gangs criminels.

Conformément à l’accord politique pour une transition pacifique et ordonnée du 3 avril 2024, le gouvernement de la France réitère son engagement à soutenir le rétablissement de la sécurité sur l’ensemble du territoire et l’organisation d’élections libres et transparentes.

Un soutien accru en matière de sécurité est urgent, afin de prévenir de nouvelles atrocités, estime, dans un tweet, le gouvernement du Canada, qui présente ses condoléances aux familles des victimes. [emb rc apr 10/12/2024 12:15]