Pilate (Haïti), 10 oct. 2024 [AlterPresse] --- La commune de Pilate, dans le département du Nord, continue de faire face à un climat de terreur, instauré, en toute impunité, depuis plusieurs années, par des bandits armés, affectant même le fonctionnement de services essentiels, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.
Les actes de criminalité dans la zone ont commencé occasionnellement il y a quatre ans. Aujourd’hui, personne n’est épargnée.
Les actes d’assassinats, de kidnappings, de braquages, de cambriolages et de viols se sont multipliés, selon des témoignages recueillis auprès de représentants d’organisations à Pilate.
Autrefois un modèle de tranquillité et de solidarité, la commune de Pilate se trouve aujourd’hui prise en otage par des groupes armés, qui mettent en péril la vie de ses habitantes et habitants et la stabilité des institutions, dénonce la Jeunesse pilatoise (Jp), une organisation fondée depuis 2021 et en quête de modèles dans la communauté.
De tels actes de violences compromettent l’avenir de la commune et sapent les fondements mêmes de la société, alerte-t-elle.
Le juge Questel Maximé, affecté au tribunal de paix de la commune de Pilate, a été assassiné dans la matinée du mardi 23 avril 2024, par des individus armés, dans la localité de Nan Siklèt.
Des bandits armés opérant à Margot, 8e section communale de Pilate, ont kidnappé, le jeudi 18 Juillet 2024, au moins 6 personnes, dont l’inspecteur d’éducation Raphaël Jean Saintil.
Les activités criminelles des groupes armés à Pilate impactent considérablement sur le fonctionnement de plusieurs services essentiels, dont l’hôpital communautaire l’Espérance Pilate (Hep), dirigé par des religieuses.

Une diminution des services, offerts par cet hôpital, est envisagée à partir du mois de novembre 2024, au cas où des mesures sécuritaires ne sont pas mises en œuvre par l’État pour freiner les violences des gangs armés à Pilate.
Seuls les services d’urgence, les consultations générales ainsi que psychiatriques, la maternité, les vaccinations, les activités de santé communautaires seront disponibles à partir du début du mois de novembre 2024, apprend-on.
Des dispositions pourraient être prises pour réduire le nombre d’employés de l’hôpital communautaire l’Espérance Pilate, considéré comme un patrimoine à Pilate.
La vague de violences, qui règne, à présent, à Pilate, serait à l’origine de ces décisions envisagées par l’hôpital.
L’aggravation de la situation sécuritaire a déjà contraint à la démission 9 employés, dont un médecin, quatre infirmières, un technicien en laboratoire et un comptable.
La Jeunesse pilatoise appelle les autorités concernées et la population de Pilate à agir ensemble, pour restaurer la paix et redonner à la commune son éclat d’antan.
Elle encourage chaque citoyenne et citoyen à jouer leur rôle, pour faire cesser ces comportements destructeurs et ces dérives, alimentés par les bandits armés à Pilate.
A l’instar de Pilate, plusieurs autres communes des départements de l’Ouest et de l’Artibonite sont sous l’emprise des gangs armés depuis plusieurs années.
Plus de 100 personnes ont été tuées, le jeudi 3 octobre 2024, lors d’une attaque de gangs à Pont Sondé (Artibonite/Nord), selon les donnees disponibles.
Face à ce massacre, l’archevêque de Port-au-Prince, Max Leroy Mésidor, président de la Conférence des évêques (catholique romains) d’Haïti (Ceh) a appelé les autorités de la transition à prendre toutes les dispositions, pour fermer le robinet de sang, qui coule en Haïti. [mff emb rc apr 10/10/2024 12:50]
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