P-au-P, 26 sept. 2024 [AlterPresse] --- Le président du Conseil présidentiel de transition (Cpt) en Haïti, Edgard Leblanc Fils, encourage les membres de l’Organisation des Nations unies (Onu) à engager des réflexions devant aboutir à une mission de paix onusienne, à la place de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas), dans une intervention, ce jeudi 26 septembre 2024, devant l’Assemblée générale de l’Onu, dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
« Nous pouvons corriger les erreurs du passé si nous choisissons une approche différente dans la manière de préparer le déploiement de la Mmas. Ce changement de statut devrait garantir le plein succès de la mission onusienne en en Haïti, tout en s’assurant que les erreurs du passé ne se repètent pas » , reste convaincu Leblanc.
La transformation de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti en opération de maintien de la paix des Nations Unies etait à l’ordre du jour, à la veille de la visite, le jeudi 5 septembre 2024, à Port-au-Prince, du secrétaire d’État américain Antony Blinken.
« De nombreuses missions de l’Onu sont intervenues dans le pays, au cours des trois dernières décennies. Certaines d’entre elles ont tenté de stabiliser le pays. D’autres ont commis de nombreux actes de violations des droits humains, entrainant une absence de confiance du peuple haïtien dans ces missions étrangères », expose Edgard Leblanc Fils.
De plus, aucune poursuite n’a été engagée contre ceux, qui ont commis ces actes de violations de droits humains, critique-t-il.
« Pendant que nous luttons pour éviter ces erreurs, c’est ce changement qui peut garantir le succès de cette opération de paix et de sécurité en Haïti ».
Le président du Cpt en profite pour saluer les pays, qui acceptent de contribuer en ressources humaines et moyens financiers à la Mmas, pour améliorer la sécurité sur le territoire d’Haïti.
Les forces de sécurité commencent à travailler pour garantir la sécurité de la population. Mais il reste encore beaucoup à faire pour un retour à la normale, reconnait-il.
Au cours du premier semestre de l’année 2024 (janvier à juin), les Nations unies ont recensé 3,638 homicides, soit une augmentation de près de 74 % par rapport à l’année 2023.
En outre, près de 703,000 personnes ont été déplacées en raison des violences armées et plus de 5 millions d’Haïtiennes et d’Haïtiens se trouvent en situation d’insécurité alimentaire, soit près de la moitié de la population.
Le jeudi 12 septembre 2024, 24 soldats et policiers jamaïcains ainsi que 2 soldats béliziens sont venus renforcer l’effectif des troupes kényanes en Haïti, à travers la Mmas, autorisée par le Conseil de sécurité de l’Onu, le lundi 2 octobre 2023, pour un an, pour appuyer la Police nationale d’Haïti (Pnh) dans la lutte contre les gangs criminels dans le pays.
200 policiers kenyans ont été déployés le mardi 16 juillet 2024 en Haïti, après l’arrivée, le mardi 25 juin 2024, dans le pays d’un premier contingent de 200 policiers kényans.
La crise en Haïti constitue « une tragédie humaine » et « l’une des situations humanitaires les plus désastreuses au monde », a déclaré le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres, à une réunion ministérielle sur Haïti, le mercredi 25 septembre 2024, aux Nations unies.
Guterres demande à la communauté internationale d’intensifier ses efforts pour soutenir le peuple haïtien, dans ses efforts pour rétablir la stabilité, dans un message délivré à cette réunion, organisée autour du thème « s’appuyer sur les progrès accomplis pour rétablir la sécurité en Haïti ». [emb rc apr 26/09/2024 12:00]
