P-au-P, 20 août 2024 [AlterPresse] --- Initialement déclaré le mercredi 17 juillet 2024, l’état d’urgence sécuritaire a été renouvelé et étendu, pour une période d’un mois, du lundi 19 août au jeudi 19 septembre 2024, à 4 départements géographiques d’Haïti, l’Ouest, où se trouve la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, l’Artibonite, le plateau central et les Nippes (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), apprend l’agence en ligne AlterPresse.
L’état d’urgence couvre également les arrondissements de Plaisance et de Limbé (Nord), précise un arrêté publié dans le journal officiel « Le Moniteur » en date du 12 août 2024, mais rendu public le lundi 19 août 2024.
Le document porte la signature des 9 membres du Conseil présidentiel de transition (Cpt), dont les trois conseillers Smith Augustin, Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire, indexés dans une affaire de tentative de corruption.
Sa publication intervient dans un contexte, marqué par des attaques répétées contre les quartiers de Solino, de Delmas 24 et ses environs (centre-ville de la capitale, Port-au-Prince), ainsi que dans d’autres communes.
Malgré l’état d’urgence sécuritaire décrété par le gouvernent depuis le 17 juillet 2024, dans 14 communes contrôlées par les gangs en Haïti, les communes de Ganthier, Cabaret, Gressier et Carrefour, continuent d’essuyer des assauts de gangs armés, faisant de nombreuses victimes et d’énormes dégâts.
Le nouvel arrêté habilite le gouvernement de transition à ordonner la mise en œuvre des mesures prévues par le plan d’intervention, visant à rétablir l’ordre public, la paix sociale et la sécurité dans les départements et arrondissements mentionnés.
Des mesures préventives exceptionnelles
Ordonner, le cas échéant, la fermeture d’établissements dans les départements et arrondissements ainsi que l’évacuation des personnes, lorsqu’il n’y a pas d’autres moyens de protection, prendre les dispositions nécessaires en vue d’héberger les communautés déplacées et pourvoir, au besoin, à leur ravitaillement, figurent parmi les dispositions que pourrait envisager le gouvernement de transition.
Le pouvoir lui est conféré de contrôler l’accès aux voies de circulation terrestre, maritime et aérienne, dans les départements et arrondissements mentionnés, et de mettre en œuvre tout programme d’assistance financière, jugé nécessaire à l’égard des personnes victimes.
La suspension de certains services essentiels, comme la communication routière, maritime, aérienne et téléphonique, dans les départements et arrondissements concernés par l’état d’urgence, et la réquisition des moyens supplémentaires de secours et lieux d’hébergement appartenant à des personnes privées, si les moyens logistiques dont disposent les services publics ne suffisent pas, peuvent être prises par le gouvernement de transition.
Il pourrait ordonner, lorsqu’il n’y a pas d’autres moyens de protection, la construction ou la démolition d’ouvrages ainsi que le déplacement de tout bien dans les départements et arrondissements mentionnés.
Devrait-on s’attendre au pire
À travers certaines de ces mesures préventives et qui paraissent exceptionnelles, l’équipe au pouvoir voudrait-elle, pour une fois, être proactive ou s’attendrait-elle, de préférence, à une dégradation de la situation sécuritaire, vu son impuissance manifeste à combattre les gangs armés ?
L’extension de l’état d’urgence sécuritaire aux départements du Plateau central et des Nippes, ainsi qu’aux arrondissements de Plaisance et de Limbé, ne traduit-elle pas, pour ce gouvernement impuissant, une détérioration du climat de terreur dans le pays ?
Ces derniers temps, les gangs armés ont multiplié leurs actes criminels et terroristes, notamment des assassinats, des violences exercées sur des femmes et des enfants.
Des milliers de résidentes et résidents de plusieurs quartiers, comme Solino, ont à nouveau manifesté le lundi 19 août 2024, dans les rues de la capitale, Port-au-Prince, pour dénoncer les attaques répétées des gangs armés contre plusieurs zones à Port-au-Prince, depuis le mercredi 14 août 2024.
Le dimanche 18 août 2024, plusieurs maisons ont été incendiées, lors d’une nouvelle attaque contre le quartier de Solino par des bandits armés de l’organisation criminelle Viv Ansanm.
Plusieurs familles ont été contraintes d’abandonner leurs domiciles pour trouver refuge ailleurs.
Dans l’après-midi du mardi 6 août 2024, une dizaine de personnes ont été assassinées et une autre blessée par balles, dans les communes de Cabaret et de l’Arcahaie (à plus de 40 km sur la route nationale No. 1, au nord de Port-au-Prince), dans une nouvelle attaque perpétrée par des gangs armés.
De janvier à juillet 2024, au moins 66 personnes ont été assassinées ou portées disparues, dans les communes de Carrefour et de Gressier (au sud de la capitale, Port-au-Prince), suite aux violences des gangs armés, a dénombré le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), dans un rapport en date du 15 août 2024.
Parmi les victimes, le Rnddh dénombre 4 agents de la Police nationale d’Haïti (Pnh), 15 femmes, une mineure et 12 personnes âgées.
46 femmes et filles ont été victimes de violences sexuelles.
Les lundi 22 et mardi 23 juillet 2024, un total de 3,830 personnes (985 ménages) se sont déplacées suite à des attaques du gang 400 mawozo contre la commune de Ganthier, a enregistré l’Organisation internationale pour les migrations (Oim). [emb rc apr 20/08/2024 10:45]
