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Crise : Une coopération internationale efficace pour rétablir la sécurité en Haïti, préconise le gouvernement

P-au-P, 04 juil. 2024 [AlterPresse] --- Le premier ministre haïtien Garry Conille souhaite une coopération internationale efficace pour rétablir la sécurité et restaurer les institutions démocratiques en Haïti, dans une intervention à la réunion du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) sur la crise haïtienne, le mercredi 3 juillet 2024.

Cette coopération efficace devrait s’établir entre les autorités nationales, la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) et le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh), entre autres, préconise Conille dans sa prise de parole, suivie par AlterPresse.

Le premier ministre haïtien espère que le déploiement des policiers de la Mmas aux côtés des forces de l’ordre haïtiennes contribuera à mettre un terme aux activités des groupes criminels.

Toutefois, il souhaite qu’Haïti sorte définitivement de la spirale des missions sécuritaires et se dote, à la fin de cette mission, d’institutions fortes et efficaces.


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Des policiers kényans - parmi les 200 (au lieu de 400) déjà présents à Port-au-Prince (Haïti) depuis le mardi 25 juin 2024 - ont commencé à effectuer des patrouilles dans certaines zones du centre-ville de Port-au-Prince.

Malgré la présence de la force multinationale, de nouvelles offensives ont été lancées par des membres de gangs notamment à Gressier où ils ont assassiné et enlevé environ une vingtaine d’habitants, après la nouvelle prise d’assaut, le dimanche 30 juin 2024, du commissariat de ladite commune, récupéré par la Police, dans l’après-midi du lundi 1er juillet 204.

Le gouvernement de la transition adoptera une approche hollstique et communautaire de la sécurité, qui devra se concrétiser à travers le redressement économique et l’accès aux services sociaux de base, qui doivent se faire, de manière concomitante, ainsi que par la restauration de la confiance de la population dans la police, envisage le premier ministre.

Il faut mettre en place des mécanismes pour assurer non seulement la sécurité, mais aussi la dignité et le respect, « pour garantir que les erreurs du passé ne se répètent pas », recommande Conille, rappelant combien l’histoire d’Haïti avec les interventions étrangères « a été mitigée ».

« À ce moment décisif, aucun projet, qu’il soit économique ou politique, ne peut être abordé sans aborder la question sécuritaire ».

Le chef du gouvernement a aussi souligné « l’urgence de trouver une solution durable aux problèmes de sécurité, exacerbés par les activités des bandes criminelles ».

Plus que jamais, Haïti doit mobiliser toutes les ressources nécessaires disponibles « pour que cette transition soit la dernière », affirme-t-il, ajoutant qu’« il n’y a pas de fatalité haïtienne ».

« La situation actuelle résulte d’une politique, qui a séparé l’État et le peuple. Ainsi, pour faire les choses différemment, le gouvernement facilitera-t-il les élections et la réforme constitutionnelle, renforcera-t-il les mécanismes de lutte contre la corruption et l’impunité, élaborera-t-il des stratégies de sécurité axées sur l’interaction entre la population et la police et modernisera le système judiciaire », dit-il. [emb gp apr 04/07/2024 11:05]