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Haïti-Crise : Des organisations féministes critiquent le manque de communication transparente des autorités de la transition

P-au-P, 24 juin 2024 [AlterPresse] --- Plusieurs organisations féministes [1] dénoncent un déficit de communication transparente du Conseil présidentiel de transition (Cpt) et du nouveau gouvernement vis-à-vis de la population, depuis leurs installations, dans un contexte de crise multidimensionnelle, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Elles fustigent l’absence publication officielle de notice biographique permettant d’avoir une idée du parcours des nouveaux responsables ainsi que de documents fixant le cadre politique de la transition ainsi que ceux décrivant le processus ayant conduit au choix du président du Cpt et du premier ministre Garry Conille.

Elles reprochent également la non publication dans le journal officiel Le Moniteur, du principal document fixant l’orientation de la transition, à savoir l’accord du 3 avril 2024.

De plus, « Il (l’accord du 3 avril) n’a donc pas été visé dans l’arrêté nommant les membres du gouvernement qui, paradoxalement, ont fait référence à cet accord dans leurs allocutions d’investiture ».

L’« accord du 3 avril 2024 pour une transition pacifique et ordonnée », signé entre différents protagonistes haïtiens, définit la vision, la mission et le mode de gouvernance de la transition.

Le mandat du Conseil présidentiel de transition, défini dans le cadre de cet accord politique, est de 22 mois, jusqu’à l’entrée en fonction, en février 2026, d’un président issu des urnes.

Ce délai ne peut être prolongé en aucun cas.

Le Bureau de suivi de l’accord du 30 août 2021 (Bsa), appelé accord de Montana, a aussi appelé le Cpt à publier, dans le journal officiel de la république « Le Moniteur », l’accord du 3 avril 2024.


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A propos de la nouvelle ministre à la condition féminine

Par ailleurs, les organisations féministes disent ignorer les critères ayant mené au choix de la nouvelle ministre à la condition féminine, qui est inconnue des organisations de femmes et du grand public, alors que « l’existence de ce ministère est un acquis du mouvement féministe qui doit être sauvegardé », soulignent-elles.

Marie Françoise Suzan a été installée comme nouvelle ministre à la condition féminine et aux droits des femmes, le 13 juin 2024, en présence de la ministre sortante Dre. Sofia Loreus et de la chancelière haïtienne Dominique Dupuy.

Suzan a proposé de rebaptiser l’institution en « Ministère à la condition féminine, aux droits de la femme et à la famille ».

Fort des constats critiques effectués sur le mode de fonctionnement de l’Exécutif, notamment celui du Cpt, installé le jeudi 25 avril 2024 au Palais national, les organisations féministes exhortent les autorités de la transition à prendre les mesures nécessaires, pour garantir une bonne gouvernance durant la transition.

Elles recommandent au Cpt et au premier ministre, d’établir une communication transparente avec la population, de publier la feuille de route du gouvernement et celui de tous les ministères, et d’assurer la prise en compte des femmes dans l’action gouvernementale, entre autres.

Elles leur suggèrent de veiller à la reddition systématique des comptes et de poser la question de l’impunité en rapport avec l’insécurité, en mettant l’emphase sur la responsabilité de l’État de créer un environnement, qui garantit l’accès à la justice.

Il faut également aborder la question des réparations en faveur de la population qui a subi des traumatismes du fait des actions des gangs armés criminels, préconisent ces organisations féministes. [emb apr 24/06/2024 12:10]

Photo : Symbole du féminisme
Source : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Woman-power_emblem.svg


[1Les organisations féministes signataires de la note sont Fanm Deside, Fondation Toya, Solidarite fanm ayisyèn (Sofa), Kay Fanm, Asosyasyon fanm solèy d Ayiti (Afasda), Sabine Manigat, féministe indépendante.