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Haïti : Des équipes kenyanes préparent sur le terrain l’arrivée d’un premier contingent de policiers du Kenya à Port-au-Prince

P-au-P, 23 juin 2024 [AlterPresse] --- Des équipes kenyanes se trouvent déjà sur place en Haïti pour préparer l’arrivée, prévue mardi 25 juin 2024, d’une force de police du Kenya, pour mener une mission multinationale de l’Organisation des Naaions unies (Onu) destinée à combattre la violence des gangs dans le pays caribéen, ont indiqué des sources officielles le dimanche 23 juin 2024.

Une équipe a quitté le Kenya la semaine dernière et une autre samedi 22 juin 2024, a confié une source policière à l’Afp, consultée par AlterPresse.

Quant au contingent policier, il doit laisser Nairobi mardi 25 juin 2024, a confirmé une source policière haut placée sous condition d’anonymat.

Le nombre de policiers, qui composera ce premier contingent, n’est pas précisé.

Le Kenya a proposé d’envoyer un millier de policiers pour stabiliser Haïti, aux côtés de personnel envoyé par plusieurs autres pays. Mais ce déploiement a été confronté à plusieurs recours en justice dans le pays d’Afrique de l’Est.


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La mission a été approuvée par une résolution du Conseil de sécurité de l’Onu le lundi 2 octobre 2023.

Mais, au Kenya, l’opération a suscité de vives critiques et un tribunal kényan avait, en janvier 2024, reporté le déploiement, le juge estimant que le gouvernement kényan n’avait pas l’autorité pour envoyer des policiers à l’étranger sans une autorisation spéciale.

Le gouvernement a obtenu cette autorisation le 1er mars 2024, mais un petit parti d’opposition kényan a déposé un nouveau recours pour tenter de bloquer le processus.

D’autres pays que le Kenya ont dit vouloir participer à la mission, dont le Bénin, les Bahamas, le Bangladesh, la Barbade et le Tchad.

La mission, dans laquelle les États-Unis sont très impliqués sur le plan logistique – sans toutefois fournir d’hommes –, doit épauler la police haïtienne dans la lutte contre les gangs qui terrorisent la population.

La coalition de gangs appelée Viv Ansanm contrôle 80 % de la capitale, où elle multiplie des exactions, en particulier meurtres, viols, pillages et enlèvements contre rançon.

Un nouveau directeur général ad intérim, Rameau Normil, a pris la tête de la police le vendredi 21 juin 2024, en promettant de sévir avec la dernière rigueur contre les gangs armés.

La population est également confrontée à une grave crise humanitaire, avec des pénuries de nourriture, de médicaments et d’autres produits de base. [apr 23/06/2024 23:00]