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Haïti-Criminalité : Des violations graves contre des enfants, utilisés dans des attaques de gangs contre la police ou violés

P-au-P, 17 juin 2024 [AlterPresse] --- De janvier à décembre 2023, (un nombre de) 383 violations graves ont été commises contre 307 enfants, dont certains ont été utilisés dans des attaques de gangs contre la police et d’autres violées par des bandits.

Cette information est fournie par l’Organisation des Nations unies (Onu), dans un rapport rendu public ce lundi 17 juin 2024 et consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Parmi les 307 enfants - dont 160 garçons, 117 filles et 30 de sexe inconnu -, 32 ont été victimes de violations multiples, précise l’Onu dans ce rapport daté du 3 juin 2024.

Tout en se disant profondément préoccupée par les violences indiscriminées des gangs armés en Haïti, l’Onu condamne les graves violations à l’encontre des enfants, en particulier les meurtres, les enlèvements, les violences sexuelles.

23 enfants (17 garçons, 6 filles) ont été recrutés et utilisés par les gangs
armés de Brooklyn/Cité Soleil (5), Gran Ravin (4), Village de Dieu gang 5 Segonn (4), « Team Ascenseur » (2), Baz Gran Grif de Savien/Artibonite (1), 400 Mawozo/Croix-des-Bouquets (1), Force Résistance Chandelle (1) et Belekou/Cité Soleil (1), ainsi que par des gangs armés non identifiés (4), souligne-t-elle.

L’Onu rapporte des cas d’enfants utilisés dans des attaques contre la Police nationale d’Haïti (Pnh) ou torturés et brûlés vifs par les gangs armés Baz Gran Grif de Savien et Force Résistance Chandelle.

Des filles ont été utilisées à des fins d’exploitations sexuelles, ajoute-t-elle.

L’Onu mentionne les meurtres de 128 enfants et les atteintes à l’intégrité physique de 78 autres par des gangs armés, lors de tirs croisés entre ces gangs et la Pnh.

« Ces pertes (en vie humaines) sont principalement dues à des balles perdues (125) et à des assassinats ciblés (62), y compris des cas d’enfants victimes de viols collectifs ou brûlés vifs dans le cadre de représailles ».

41 filles ont subi des actes de violences sexuelles, dont des viols, des viols collectifs et des cas d’esclavage sexuel, par des gangs armés, relève l’Organisation des Nations unies.


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L’Onu préconise de dispenser au personnel de la prochaine Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, une formation appropriée en matière de protection de l’enfance.

Elle appelle à accélérer le déploiement de cette force multinationale, pour aider la Police nationale d’Haïti (Pnh) à rétablir la sécurité en Haïti, comme l’a autorisé le Conseil de sécurité de l’Onu.

Dans une alerte, au début du mois de juin, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef) a exhorté la communauté internationale à accélérer ses efforts pour protéger les enfants, pris au piège des violences des gangs armés en Haïti.

L’Unicef demande de veiller à ce que la mission de sécurité, soutenue au niveau international, « accorde la priorité à la protection des enfants et à la sécurité des civils, et s’engage à faire respecter le droit humanitaire ainsi qu’à obtenir l’espace nécessaire aux interventions humanitaires ».

Il encourage à soutenir « les initiatives, visant à prévenir les violations graves commises contre des enfants et à y mettre fin, notamment en veillant à la protection des écoles, des hôpitaux et d’autres installations, dont dépendent les enfants, ainsi qu’à la préservation des espaces humanitaires ».

Plus de 578,000 personnes sont actuellement déplacées en Haïti, en raison de l’escalade des violences des gans armés, selon les chiffres publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

Entre mars et juin 2024, le nombre de personnes déplacées a augmenté de 60%, passant de 362,000 à plus de 578,000 en ce début du mois de juin 2024, enregistre l’Oim. [emb rc apr 17/06/2024 15:30]