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Haïti-Migration : Global Justice Clinic et le Cdh Fray Matías demandent au Mexique de fournir le statut de réfugié-e-s aux Haïtiennes et Haïtiens

P-au-P, 13 juin 2024 [AlterPresse] --- Global Justice Clinic (en français : Clinique justice mondiale) et le Centro de derechos humanos (Cdh) Fray Matías [1] appellent les autorités du Mexique à donner aux Haïtiennes et Haïtiens se trouvant sur leur territoire le statut de réfugiés sur la base de la déclaration de Cartagena sur les réfugiés de novembre 1984 [2], dans un rapport transmis à l’agence en ligne AlterPresse.

Adoptée le 22 novembre 1984, lors du colloque sur la protection internationale des réfugiés en Amérique centrale, au Mexique et au Panama, cette déclaration donne la garantie de statut de réfugié-e-s aux applicantes et applicants faisant face aux menaces sur leur vie, leur sécurité ou leur liberté, à cause des conditions spécifiques dans leur pays d’origine, rappelle le rapport de Global Justice Clinic et du Cdh Fray Matías.

Le Mexique ne protège pas assez les Haïtiennes et Haïtiens qui fuient ces situations de menaces, reprochent la Clinique justice mondiale (de la faculté de droit de l’Université de New York) et le Cdh Fray Matías.

A la fin de l’année 2023, la Commission mexicaine d’aide aux personnes réfugiées (Comar) a rejeté 12,774 (11.4 %) des applications et laissé 94, 344 (84.0 %) sans réponse, indique le rapport.

Entre 2021 et 2023, les Haïtiennes et Haïtiens avaient le moins de probabilité de voir leur application approuvée, quand elles/ils appliquaient pour le statut de réfugié-e-s au Mexique.

De 2001 à 2023, seulement 5,214 applicantes et applicants, soit 4.6 %, ont reçu par la Comar le statut de réfugié-e-s ou la protection complémentaire, parmi les 112,332 Haïtiennes et Haïtiens à la recherche de statut de réfugié-e-s au Mexique.

« Les Haïtiennes et Haïtiens sont parmi les cinq premières nationalités à appliquer pour le statut de réfugié-e-s ».

La Clinique justice mondiale et le Centro de derechos humanos (Cdh) Fray Matías demandent au Mexique de fournir aux Haïtiennes et Haïtiens la protection en tant que réfugié-e-s selon la déclaration de Cartagena, même s’il existe d’autres statuts légaux pour ces personnes.

Le gouvernement du Mexique a pour obligation de fournir aux Haïtiennes et Haïtiens le statut de réfugié-e-s, vu les violences généralisées, les violations massive des droits humains et la dégringolade en Haïti, souligne le rapport de Global Justice Clinic et du Cdh Fray Matías, se référant à la déclaration de Cartagena de novembre 1984.

Global Justice Clinic et le Cdh Fray Matías critiquent l’indifférence des autorités mexicaines face à la détérioration des conditions d’existence en Haïti, qui contraignent beaucoup de personnes à migrer vers des pays étrangers à la recherche d’un mieux-être.

« Les violences en Haïti surviennent à un niveau typique d’un pays en guerre. En 2023, beaucoup plus de personnes ont été tuées en Haïti qu’en Ukraine. Les groupes armés criminels, les gangs ou les bandits ont plus de pouvoir que l’État ou la société civile », décrit le rapport de Global Justice Clinic et du Centro de derechos humanos (Cdh) Fray Matías

« Les gangs ont saccagé des institutions sociales importantes, comme les marchés (publics) et les réseaux de distributions d’eau. Il y a d’autres institutions, comme les hôpitaux et les écoles, qui ont été contraintes de fermer leurs portes à jamais. Il n’y a aucune autorité élue dans tout le pays ».

« Les violences continuent. Les Haïtiennes et Haïtiens font face à l’augmentation de la faim », signale le rapport. [mff emb rc apr 13/06/2024 14:10]

Photo logo : Migrants haïtiens à Chapachula au Mexique
Capture d’écran


[1Le Centro de derechos humanos (Cdh) Fray Matías défend et promeut les Droits humains des personnes en divers contextes de mouvement dans la région Sud du Mexique, à travers des processus d’accompagnement individuels et collectifs, d’intégration communautaire et d’incidences (retombées) politiques, pour affirmer et garantir le plein exercice de leurs droits.

[2La Déclaration de Carthagène sur les réfugiés a été adoptée lors du Colloque sur la protection internationale des réfugiés en Amérique centrale, au Mexique et au Panama, Carthagène des Indes, Colombie, 22 novembre 1984.