Haiti : Libération d’un ex paramilitaire, chef de la rébellion armée anti-Aristide

P-au-P., 11 août. 05 [AlterPresse] --- Un des chefs de la rébellion armée contre le régime de Jean Bertrand Aristide en 2004, l’ex paramilitaire Louis Jodel Chamblain, emprisonné depuis avril 2004, pour implication dans plusieurs crimes, a été libéré ce 11 aout, en vertu d’une décision de la justice haitienne.

La Cour d’Appel de Port-au-Prince, a invalidé, pour vice de forme, une disposition précédente de la justice, condamnant Chamblain par contumace en l’an 2000 pour son implication dans un massacre en 1994 aux Gonaives (nord).

Après les événements de février 2004, lorsque Chamblain avait dirigé avec l’ex commandant policier Guy Philippe une rébellion armée contre le régime d’Aristide, l’ancien paramilitaire s’était rendu à la justice en avril de la même année.

Il avait pris cette décision sous la pression d’organismes de défense de droits humains en Haïti et à l’étranger, qui pointaient du doigt l’impunité.

En août 2004, la justice avait levé une première charge qui pesait sur Chamblain en relation au meurtre d’un commerçant et militant politique, Antoine Izméry (partisan d’Aristide), en 1993. Cette disposition avait soulevé de vives critiques dans les milieux de défense de droits humains.

Le Conseil des Sages, instance de consultation du gouvernement de transition, avait alors déploré que le Ministère Publique, représentant de la société, n’avait même pas pris la peine de demander l’intervention de la Cour de Cassation (Cour Suprême).

La dernière décision de la justice haïtienne d’élargir l’ex paramilitaire Louis Jodel Chamblain, est intervenue au moment où de sérieuses inquiétudes planent au niveau des secteurs de droits humains qui soupçonnent le gouvernement et la communauté internationale d’exercer des pressions en vue de la libération de certains prisonniers.

La Plateforme des Organisation Haitiennes de Défense des Droits Humains (POHDH) a, par exemple, condamné le discours de chef civil de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation d’Haiti MINUSTAH Juan Gabriel Valdès à propos du dossier de l’ex-premier ministre lavalas Yvon Neptune, détenu depuis juin 2004 pour son implication présumée dans une tuerie à Saint Marc (Nord) le 11 février 2004.

« Comment un ambassadeur peut-il oser s’ingérer dans les affaires judiciaires d’un pays », s’est demandé Elifaite Saint Pierre, responsable de la plateforme. Il a invité la population haïtienne à faire « front commun pour une reconquête de la souveraineté nationale », car, selon lui, le pays a perdu de sa souveraineté.

Au cours d’une conférence de presse le 9 aout, Valdes avait déclaré qu’« il n’y a aucune raison valable » pour garder en prison Yvon Neptune aussi longtemps. Pour sa part, le ministre de la justice Henry Dorléans avait affirmé que « quand on n’est pas en mesure de juger une personne pendant des mois et des mois, il faut la relâcher ».

Elifaite Saint Pierre a déclaré qu’il condamne la détention prolongée de l’ancien premier ministre, mais « la décision finale sur son dossier est du ressort de la justice non pas du gouvernement encore moins de la MINUSTAH » a-t-il conclu. [gp fl apr 11/08/2005 20:00]