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Crise : L’Unnoeh demande au Conseil présidentiel de transition d’adresser l’urgence éducative en Haïti

P-au-P, 05 juin 2024 [AlterPresse] --- L’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti (Unnoeh) appelle le Conseil présidentiel de transition (Cpt) à répondre aux urgences, liées au système éducatif en Haïti, dans une lettre ouverte dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

L’Unnoeh critique ce qu’elle qualifie d’indifférence du Cpt face aux problèmes urgents, auxquels est confronté le système éducatif en Haïti.

Plus d’un mois après son installation, le jeudi 25 avril 2024, le Conseil présidentiel de transition ne manifeste jusqu’ici aucune sensibilité à considérer les urgences éducatives, qui s’aggravent davantage chaque jour sur le territoire d’Haïti, surtout dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite, fustige-t-elle.

La terreur et autres violences des gangs armés, qui se sont intensifiées depuis le jeudi 29 février 2024 dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ont globalement paralysé les écoles, pendant plus de deux mois.

Le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp) a décidé de remanier le calendrier scolaire 2023-2024, dans le souci de protéger l’avenir académique des élèves.

L’établissement scolaire, dénommé Collège mixte des Frères Nau, situé dans le centre de la capitale, Port-au-Prince, a été incendié le lundi 25 mars 2024, par des groupes lourdement armés.

Suite à cet acte, plus de 1,000 enfants ont été privés de leur droit à l’éducation, a dénoncé le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), dans un communiqué en date du mercredi 27 mars 2024.

23 salles de classes ont été incendiées au Collège mixte des Frères Nau, dans cette attaque de bandits armés.

L’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti interpelle les membres du Cpt sur les perturbations aiguës, enregistrées pendant l’année scolaire 2023-2024, à cause du climat de terreur instaurée, en toute impunité, par les groupes armés.

Plusieurs écoles publiques et locaux du Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (Menfp), situés dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, sont transformés en camps d’hébergement des personnes déplacées fuyant la violence de ces groupes armés, constate l’Unnoeh.

Elle mentionne également une reprise difficile des activités scolaires à Port-au-Prince, avec des conséquences graves sur le rythme scolaire multivarié entre les élèves, les urgences liées aux examens officiels 2023-2024 et les préparatifs pour la rentrée scolaire 2024-2025, au regard de tous les défis laissés en héritage par la prise en otage de l’école haïtienne par les politiques et les groupes armés.

Elle demande au Cpt d’agir, en toute urgence, pour permettre de boucler, de façon satisfaisante, l’année scolaire 2023-2024 en cours et également pour entreprendre les préparatifs de la nouvelle année scolaire 2024-2025, le plus tôt que possible.

L’Unnoehi exhorte le Conseil présidentiel de transition « à prendre des mesures, pour qu’un signal clair soit envoyé au secteur, afin d’éviter une éventuelle mobilisation du secteur (comme les syndicats d’enseignantes et d’enseignants) à la prochaine rentrée scolaire (2024-2025) », en différents points du territoire national.

« Les mesures de saupoudrage et la politique de mépris de nos revendications », qui « ne font qu’affaiblir davantage le système éducatif », doivent cesser, exige l’Union nationale des normaliennes/normaliens et éducatrices/éducateurs d’Haïti. [emb rc apr 05/06/2024 12:30]