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Droits humains : Cri d’alarme du Garr face à la dégradation des droits des enfants en Haïti

P-au-P, 05 juin 2024 [AlterPresse] --- Face à la détérioration incessante des droits des enfants en Haïti, le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés (Garr) [1] appelle le Conseil présidentiel de la transition (Cpt) et le nouveau premier ministre Garry Conille « à agir avec promptitude, pour enrayer le climat de violences instaurées par les gangs et restaurer la justice en faveur des victimes », dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

Le Garr lance ce cri d’alarme, à l’occasion de la journée internationale des enfants victimes innocentes de l’agression, le mardi 4 juin 2024.

Il demande de mettre en place des programmes de réinsertion en faveur des enfants, qui sont recrutés dans les gangs armés.

Les actrices et acteurs œuvrant dans la protection des enfants, à la fois du côté de l’État, de la société civile et des organismes internationaux, sont également invités à travailler pour mieux encadrer les enfants, spécialement au niveau des structures d’accueil.

Le Groupe d’appui aux rapatriés et réfugiés mentionne une accélération de la précarisation des conditions de vie des enfants, en raison des violences exercées par les groupes armés dans le pays.

Il signale combien « les enfants sont exposés quotidiennement aux violences des gangs, subissant des sévices en tout genre, des agressions physiques, sexuelles et psychologiques ».

30 % à 50 % d’enfants feraient partie des groupes armés et sont « victimes de coercition, d’abus et d’exploitation dans un contexte persistant de fragilité sociale, économique et politique, alimentée par la violence incessante, qui a plongé diverses zones d’Haïti dans le chaos », signale le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef).

Trois (3) millions d’enfants en Haïti ont besoin d’une assistance humanitaire en urgence et plus d’un demi-million vivent dans des espaces contrôlés par les gangs, a dénombré l’Unicef.

L’Unicef exhorte la communauté internationale à accélérer ses efforts pour protéger les enfants, pris au piège de la violence des gangs armés en Haïti, dans une alerte.

Il demande de veiller à ce que la mission de sécurité, soutenue au niveau international, « accorde la priorité à la protection des enfants et à la sécurité des civils, et s’engage à faire respecter le droit humanitaire ainsi qu’à obtenir l’espace nécessaire aux interventions humanitaires ».

De janvier à date (juin 2024), plus de 400 violations graves ont été perpétrées contre des enfants, alors que les violences continuent de contraindre des milliers de familles à se déplacer.

À ce jour, plus de 180,000 enfants sont déplacés à l’intérieur du pays, selon l’Unicef. [emb rc apr 05/06/2024 11:50]

Photo : site du Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef)


[1La plateforme Garr regroupe la Commission épiscopale nationale (catholique romaine) Justice et Paix (Ce-Jilap), le Centre de recherche et de formation économique et sociale pour le développement (Cresfed), l’Observatoire haïtien de la justice (Ohj), Sant ekimenik pou devlopman ak edikasyon popilè (Sedep), Sant Pon Ayiti, Sant Karl Lévèque (Skl), World Vision Haïti, Rasanbleman jèn Savanet (Rajes).