Le Directeur général de l’UNESCO aborde l’urgence d’améliorer la situation des jeunes

Message de M. Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, 12 août 2005

Soumis à AlterPresse le 11 août 2005

En 1995, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté le « Programme d’action mondial pour la jeunesse à l’horizon 2000 et au-delà  » (WPAY). Il est par conséquent pertinent que le thème de la Journée internationale de la jeunesse, choisi cette année par les Nations Unies, soit « WPAY + 10, les jeunes passent à l’action ».

Ce thème nous rappelle qu’il est urgent d’analyser les activités entreprises pour améliorer la situation des jeunes en tenant compte des engagements définis dans le WPAY. à€ sa 60e session, l’Assemblée générale des Nations Unies accordera à un haut niveau une place importante à l’évaluation de la mise en œuvre du WPAY. Ce faisant, les gouvernements se pencheront sur des questions qui influeront sur les vies de millions de jeunes dans les années à venir.

En 1995, la communauté internationale avait, pour accroître les possibilités qui s’offraient à eux de jouer pleinement et efficacement un rôle dans la société, souligné les défis que devaient relever les jeunes des deux sexes dans un monde en voie de mondialisation. Leur imagination, leurs idéaux, leur enthousiasme et leur engagement avaient été reconnus comme indispensables au développement durable de nos sociétés. Le WPAY constituait un programme d’action destinée à améliorer la situation des jeunes dans dix domaines prioritaires et cherchait à intégrer leurs points de vue dans les politiques et programmes nationaux.

De nos jours, les défis graves sont légion. Les jeunes représentent 18 % de la population mondiale. Près de 85 % d’entre eux vivent dans des pays en développement et 200 millions avec moins d’un dollar par jour ; en d’autres termes, dans des conditions d’extrême pauvreté. Dans le domaine de l’éducation, on estime que malgré les progrès réalisés dans certains secteurs, 130 millions de jeunes sont encore analphabètes. Le taux de jeunes actifs a diminué dans le monde entier ; ils sont donc beaucoup plus vulnérables au chômage ou au sous-emploi. Cette vulnérabilité accrue est également illustrée par la croissance dramatique du VIH/sida et de l’impact de l’épidémie sur la jeunesse. De plus, la participation des jeunes à des conflits armés, qu’ils en soient les victimes ou les auteurs, est extrêmement préoccupante.

Les gouvernements, les organisations de la société civile et les organismes internationaux doivent intensifier leurs efforts pour respecter les jeunes en tant qu’alliés et parties prenantes essentiels. Il est à cet égard indispensable d’élaborer des politiques et programmes nationaux participatifs intégrés les concernant.

Le défi du « passage à l’action » exige aussi que l’UNESCO intensifie ses efforts pour intégrer les besoins des jeunes dans toutes ses activités. Du 30 septembre au 2 octobre 2005, des jeunes du monde entier se réuniront à Paris pour le 4e Forum UNESCO de la jeunesse, qui se tiendra en liaison avec la 33e session de la Conférence générale. Cette réunion aura pour objet de permettre aux jeunes de faire connaître leur optique et leurs propositions d’action concrète en vue de la poursuite du « Dialogue entre les cultures et les civilisations » dans les domaines de l’éducation, des sciences, de la culture et de la communication. Cette manifestation et le thème retenu à cette occasion sont tout à fait à propos.

L’UNESCO est fermement persuadée que les jeunes doivent avoir leur place dans tous les efforts visant au développement durable. à€ l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse, j’appelle donc les dirigeants de tous horizons à écouter la voix de la jeunesse et à élaborer des politiques et programmes correspondant à ses aspirations, à ses besoins et à ses talents.