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Crise : Une équipe kenyane en Haïti pour évaluer les préparatifs de la Mmas

P-au-P, 20 mai 2024 [AlterPresse] --- Une délégation de responsables kenyans, dont le commandant de la force de la mission, est arrivée le lundi 20 mai 2024 en Haïti dans le cadre d’une évaluation des préparatifs de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) dans le pays, indique le journal Miami Herald, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Cette première équipe d’évaluation est chargée d’inspecter la construction de la base et de l’aéroport international de Port-au-Prince, où les vols internationaux et nationaux de compagnies aériennes ont été annulés, suite aux assauts des bandits armés depuis le jeudi 29 février 2024.

La délégation devrait rester en Haïti tout au long de la semaine et participer à plusieurs réunions, y compris avec le Bureau intégré des Nations Unies à Port-au-Prince, rapporte Miami Herald.

Le premier contingent kenyan devrait être composé de quelques centaines de policiers et de personnel de soutien, selon des sources citées par le journal.

Un contingent en Jamaïque est également en attente des ordres de déploiement.

Le président kenyan William Ruto est aussi arrivé, le lundi 20 mai 2024, à Atlanta, aux États-Unis d’Amérique, dans le cadre d’une visite d’État historique.

Ruto sera en pourparlers avec l’administration Biden sur le déploiement prévu de longue date d’une Mission multinationale de sécurité en Haïti, souligne Miami Herald.

Le Kenya, qui dirigera la force, prévoit de déployer plus de 1,000 officiers en Haïti pour aider la Police nationale d’Haïti (Pnh) à combattre les gangs armés.

Des policiers kenyans seront envoyés en Haïti dans quelques jours, a annoncé, le dimanche 19 mai 2024, le secrétaire principal aux affaires étrangères du Kenya, Korir Singoei.

« Le déploiement aura lieu dans quelques jours ou quelques semaines. Mais il n’y a aucune chance pour le président Ruto de se rendre à Port-au-Prince comme cela a été prétendu », a-t-il déclaré avec certitude.

Le président américain Joe Biden et sa femme Jill Biden accueilleraient Ruto et son épouse Rachel Ruto, pour une visite d’État, le jeudi 23 mai 2024, pour marquer le 60e anniversaire des relations diplomatiques entre les États-Unis et le Kenya, a confirmé la présidence americaine, selon ce qu’a rapporté le journal kenyan « The Star ».

Le déploiement de la force internationale en Haiti pourrait coïncider avec la visite officielle du président kényan William Ruto aux États-Unis, le jeudi 23 mai 2024, ont rapporté plusieurs médias étrangers.

Un premier déploiement d’officiers de police kenyans était prévu pour coïncider avec l’arrivée de Ruto à Washington plus tard ce mois-ci, a déclaré au Miami Herald Todd D. Robinson, secrétaire d’État adjoint américain chargé du Bureau international des stupéfiants et de l’application des lois.

Il avait refusé de donner une date exacte ou le nombre d’officiers, qui seront déployés dans le cadre de la Mmas.

Entre-temps, un parti d’opposition au Kenya a demandé à nouveau, à la justice kenyane, de bloquer le déploiement de la force multinationale, soulignant combien la signature, par le gouvernement kenyan, de l’instrument de réciprocité avec Haïti constitue une désobéissance flagrante à l’ordonnance de la Haute Cour du Kenya.

L’action en justice doit être signifiée à de hauts responsables du gouvernement kenyan, a ordonné la Haute Cour du Kenya.

Outre le Kenya, d’autres pays, comme Chili, Jamaïque, Grenade, Paraguay, Burundi, Tchad, Nigeria et Maurice enverront des officiers en Haïti, dans le cadre de la Mmas.

Les équipes du Kenya proviennent de l’Unité de déploiement rapide (Rdu), de l’Unité anti-vol de stocks (Astu), de l’Unité des services généraux (Gsu) et de l’Unité de patrouille frontalière (Bpu).

Ayant été entraînées au combat, elles seraient capables de gérer la situation sur le terrain de manière professionnelle.

Elles ont aussi suivi une formation dans divers domaines, notamment la langue.

Elles seraient autorisées, entre autres, à utiliser les fusils AK47 pour leurs opérations, selon les responsables.

De janvier à mars 2024, plus de 2,500 personnes, dont au moins 82 enfants, avaient été tuées ou blessées à la suite de la violence des gangs armés en Haïti, selon les Nations unies. [emb rc apr 20/05/2024 12:35]