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Haïti : Encore plus de terreur des gangs armés au moment d’un rebondissement dans la crise politique

P-au-P, 02 mai 2024 [AlterPresse] --- Les gangs armée ont redoublé de terreur contre la population de divers quartiers dans la capitale, Port-au-Prince, au moment où un nouveau rebondissement est observé dans la crise politique haïtienne, avec les controverses autour du choix des dirigeants de la transition à peine initiée.

Des témoignages sont parvenus à AlterPresse à propos de nouveaux assauts de bandits et des rafales persistantes, qui ont terrorisé des familles résidant au centre-ville ou en périphérie, durant la soirée du mercredi 1er mai 2024 et au cours de la nuit, qui a suivi.

La tension était à son comble dans plusieurs quartiers du bas de Delmas (périphérie nord) ou avoisinant ces zones, comme Nazon, Solino, Delmas 18 et 24, ont signalé des riveraines et riverains à AlterPresse.

Des appels ont également été lancés sur les réseaux sociaux par des personnes en difficulté dans ces quartiers, alors que des détonations se faisaient de plus en plus intenses au cœur de la nuit.

Dans la soirée du mercredi 1er mai 2024, de nombreuses personnes, dont des cheffes et chefs de familles, accompagnés d’enfants en bas âge, cherchaient à abandonner les zones de forte tension.

En un mois, des dizaines de milliers de personnes ont encore fui la capitale.

Du vendredi 8 mars au mardi 9 avril 2024, 94,821 personnes ont laissé la zone métropolitaine de Port-au-Prince pour aller se réfugier dans les villes de provinces, à cause de la violence des gangs armés.

Que vont faire les nouvelles autorités ?

Désigné président du Conseil présidentiel de transition (Cpt, le mardi 30 avril 2024, l’ancien sénateur Edgar Leblanc Fils a promis que, rapidement, il y aurait des signaux d’une prise en main de la question de la sécurité.

Mais, suite à cette désignation, les controverses, nées notamment de l’annonce du choix d’un premier ministre en dehors des étapes prévues par l’accord de sortie de crise du 3 avril 2024, font craindre un nouveau rebondissement dans la crise.

Une telle situation enlèverait tout espoir, chez les communautés soumises à la fureur des gangs armés, d’une résolution du problème de la criminalité, qui paralyse la capitale et affecte divers départements géographiques en Haïti.

Dans l’après-midi du mardi 30 avril 2024, alors qu’apparaissaient les premiers signes de la polémique, une mère désespérée du bas de Delmas, où des incendies de maisons se poursuivaient, a qualifié d’ « imposteurs » les membres du Conseil présidentiel de transition.

« Le pays est loin de sortir de l’abîme », s’est-elle préoccupée, dans une conversation avec AlterPresse.

Si les acteurs du Conseil présidentiel de transition ne trouvent pas rapidement un terrain d’entente, pour apporter les corrections nécessaires et poursuivre le processus, des retards pourraient être enregistrés dans la nomination d’un premier ministre et la formation d’un gouvernement, capable d’exécuter une feuille de route conséquente.

De janvier à mars 2024, plus de 2,500 personnes ont été tuées ou blessées à cause de la violence des gangs armés, soit une augmentation de 53% par rapport au trimestre d’octobre à décembre 2023, selon un rapport du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).

Les violences ont déjà provoqué, depuis l’année 2023, le déplacement d’environ 400,000 personnes, la plupart à la capitale. [apr 02/05/2024 00:30]

Photo : capture d’écran