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Haïti-Criminalité : Persistance de tirs d’armes en divers endroits à Port-au-Prince

P-au-P, 16 avril 2024 [AlterPresse] --- Des tirs nourris d’armes continuent d’être signalés en divers endroits dans la zone metropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, ce mardi 16 avril 2024, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Des tirs ont provoqué une situation de panique, au niveau de Drouillard (sur la route nationale No. 1), des routes de Delmas et de l’aéroport international de Port-au-Prince, au carrefour desquelles est remarqué un véhicule blindé de la Police nationale d’Haïti (Pnh).

Des individus armés auraient été signalés à Clercine, dans la commune de Tabarre (nord-est de Port-au-Prince).

Des rafales d’armes automatiques, qui ont duré plusieurs heures, ont réveillé, dans la nuit du lundi 15 au mardi 16 avril 2024, plusieurs riveraines et riverains dans diverses zones, notamment à l’avenue Martin Luther King (communément appelée Nazon), sur la route de l’aéroport international de Port-au-Prince, à Delmas.

Des bruits d’hélicoptères, qui survolaient plusieurs zones dans Port-au-Prince, ont été également entendus, tôt ce mardi matin 16 avril 2024, par des résidentes et résidents dans plusieurs quartiers.

Des attaques coordonnées de gangs armés se sont intensifiées depuis le jeudi 29 février 2024, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, où des citoyennes et citoyens continuent d’être assassinés ou victimes de balles perdues.

Les activités commerciales peinent à fonctionner normalement dans les zones occupées par les gangs armés, notamment au centre-ville de Port-au-Prince.

Beaucoup d’écoles continuent de garder leurs portes fermées dans ces lieux infestés de bandits armés.

La capitale, Port-au-Prince, et ses environs, centre économique, politique, universitaire, sanitaire du pays, sont devenus « une prison à ciel ouvert » en Haïti, a estimé l’Expert des Nations unies sur les droits humains en Haïti, l’Américain William O’Neill, devant le Conseil des droits humains, à Genève (Suisse), le mardi 2 avril 2024.

Les habitantes et habitants ne peuvent pas sortir de chez eux, car ils craignent pour leur vie, a relevé William O’Neill, soulignant combien la criminalité, les violences des gangs armés représentent « le défi numéro un à l’heure actuelle en Haïti ».

83 institutions et/ou entreprises privées et publiques ont été attaquées, vandalisées et/ou incendiées à Port-au-Prince et dans les communes avoisinantes, dont 19 postes de police et 5 tribunaux de paix et un (1) tribunal de première instance, a recensé le Réseau national de défense des droits humains (Rnddh) dans un rapport en date du mercredi 10 avril 2024.

De janvier à mars 2024, les Nations unies ont recensé plus de 1,500 personnes tuées, alors que le Rnddh a pu dénombrer, pour la même période, au moins 208 morts, dont 13 policiers nationaux.

Du vendredi 8 mars au mardi 9 avril 2024, (un nombre de) 94,821 personnes ont fui la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, pour aller se réfugier dans les villes de provinces, selon les dernières données publiées, le vendredi 12 avril 2024, par l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

58% de ces personnes déplacées ont pris des moyens de transports en direction des départements du Grand Sud (Sud-Est, Sud, Grande Anse et Nippes / Sud-Ouest).

Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur d’Haïti s’élève à plus de 360 mille depuis l’année 2023. [emb rc apr 16/04/2024 11:30]