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Haïti : Les gangs battent le record de meurtres en 30 ans

Par Gotson Pierre

P-au-P., 8 avril 2024 [AlterPresse] --- Les gangs ont battu le record de meurtres en Haïti au cours des 30 dernières années en Haïti, selon les statistiques des statistiques disponibles consultées par AlterPresse.

Durant la période de trois ans du sanglant coup d’État militaire de septembre 1991 à octobre 1994, contre le gouvernement de Jean Bertrand Aristide, les militaires et les paramilitaires ont été responsables de l’assassinat de 3,000 personnes à travers Haïti.

Aristide avait accédé au pouvoir en février 1991, à la suite des premières élections démocratiques du 16 décembre 1990.

Mais, rien que durant l’année 2023, le nombre de personnes tuées dans le cadre de la violence des gangs armés à travers le pays, a presque doublé par rapport au bilan du coup d’État militaire de 1991-1994.

Les statistiques des Nations unies font état d’environ 5,000 personnes tuées en 2023.

En outre, selon les données onusiennes, pour les 3 premiers mois de l’année 2024, au moins 1,500 personnes ont été tuées par balles en Haïti, où plusieurs régions, en particulier la capitale, Port-au-Prince, sont sous l’emprise des gangs.

D’autre part, une comparaison, entre le nombre de personnes déplacées pendant la période du coup d’État militaire 1991/1994 dans tout le pays et le nombre de personnes contraintes d’abandonner leur lieux d’habitation à cause de la violence des gangs, montre une situation catastrophique.

Durant les 3 années du coup d’État militaire, entre 200,000 et 300,000 personnes déplacées internes ont été dénombrées.

De 2021 à 2024, ce chiffre est évalué à environ 400,000 personnes, une bonne partie d’entre elles contraintes de quitter la capitale, Port-au-Prince, pour échapper à la cruauté des gangs.

La criminalité s’est aggravée depuis le jeudi 29 février 2024. Les gangs ont intensifié leurs actions criminelles, tuant de nombreuses personnes, dont des policiers nationaux, dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Dans un mouvement coordonné, suite à leur coalition sous le label de Viv ansanm, ils ont attaqué et incendié des commissariats de police, des écoles, des universités, des bibliothèques, des hôpitaux, des pharmacies, des bureaux publics, des entrepôts alimentaires, des entreprises, etc.

Ils continuent de terroriser la population en tirant des rafales, de jour comme de nuit, dans plusieurs quartiers.

Port-au-Prince et ses environs sont devenus « une prison à ciel ouvert » où toute la population est pratiquement sous le contrôle des gangs armés. En raison de cette situation, des mesures adéquates doivent être prises sans délai pour apporter un soulagement à la population, selon l’expert indépendant des Nations unies pour les droits humains en Haïti, l’Américain William O’Neill.

Il existe un risque de génocide en Haïti : tel est l’avertissement de Justin Viard, représentant permanent d’Haïti auprès du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. [gp 08/04/2024 20:30]