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Haïti-Crise : La capitale, Port-au-Prince, devenue « une prison à ciel ouvert », selon l’expert des Nations unies William O’Neill

P-au-P, 04 avril 2024 [AlterPresse] --- La capitale, Port-au-Prince, et ses environs, centre économique, politique, universitaire, sanitaire du pays, sont devenus « une prison à ciel ouvert » en Haïti, estime l’Expert des Nations unies sur les droits humains en Haïti, l’Américain William O’Neill, devant le Conseil des droits humains, à Genève (Suisse), le mardi 2 avril 2024, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Les habitantes et habitants ne peuvent pas sortir de chez eux, car ils craignent pour leur vie, relève William O’Neill, soulignant combien la criminalité, les violences des gangs armés représentent « le défi numéro un à l’heure actuelle en Haïti ».

« Tout le reste découle de cette réalité ».

Il appelle tous les pays du monde à arrêter le flux d’armes et de munitions vers Haïti.

Le Représentant permanent d’Haïti auprès de l’Organisation des Nations unies (Onu) à Genève, Justin Viard, a, pour sa part, demandé à la communauté internationale et aux autorités haïtiennes d’agir ensemble, pour lutter à la fois contre les gangs armés et contre les causes profondes de la crise, notamment le chômage généralisé, un système éducatif défaillant et l’insécurité alimentaire.

Viard appelle à « passer des paroles aux actions concrètes ».

« La population haïtienne ne peut plus attendre », face à l’escalade des violences armées, qui entrainent des conséquences dévastatrices sur sa vie, a affirmé, dans une vidéo, le haut commissaire des Nations unies aux droits humains, l’autrichien Volker Türk, à l’occasion de la 55e session du Conseil des droits humains de l’Onu, le mardi 2 avril 2024.

Volker Turk appelle à prendre des mesures d’urgence visant à « rétablir un certain degré d’ordre public, afin d’éviter que la violence nuise davantage à la population et d’assurer l’accès à l’aide humanitaire vitale ».

Volker Türk signale une augmentation choquante des meurtres et des enlèvements, relevant une omniprésence de la violence sexuelle, en particulier à l’encontre des femmes et des jeunes filles.

1,434 personnes sont décédées et 797 autres ont été blessées dans les violences liées aux gangs à travers le pays, entre le 1er janvier et le 20 mars 2024.

Entre les vendredi 8 et mercredi 27 mars 2024, plus de 53 mille personnes ont été contraintes de quitter la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince pour se réfugier, dans les provinces, particulierement dans le grand sud d’Haïti, en raison de la criminalité persistante, selon les dernières données publiées par l’Organisation internationale pour les migrations (Oim).

La majorité de ces personnes déplacées se sont dirigées vers les départements du grand Sud, précise l’Oim.

Le nombre de personnes déplacées à l’intérieur d’Haïti s’élève à plus de 360 mille depuis l’année 2023. [emb rc apr 04/04/2024 12:00]