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Haïti-Crise : Menaces et attaques politiques auraient poussé Dominique Dupuy à refuser de siéger au Conseil présidentiel de transition - Smith Augustin la remplace

Actualisation : 24 mars 2024, 23:30

La coalition politique Red/Ede et compromis historique s’est penchée, dès ce dimanche 24 mars 2024, sur le choix d’un nouveau représentant au prochain Conseil présidentiel de transition, en la personne de Smith Augustin, ancien ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine. L’information a été confirmée par l’intéressé pour AlterPresse.

P-au-P, 24 mars 2024 [AlterPresse] --- « Ma participation comme seule femme à ce conseil (présidentiel de transition) fait face à des obstacles, créés par certains protagonistes, en ce qui concerne une question constitutionnelle liée à mon âge. Je fais face à des menaces et attaques politiques infondées ».

C’est ce que déclare, dans un langage diplomatique, l’ambassadrice Dominique Dupuy, déléguée permanente d’Haïti auprès de l’Organisation des Nations unies, pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) dans un message vidéo en Créole, ce dimanche 24 mars 2024, visionné par l’agence en ligne AlterPresse.

Âgée de 34 ans, Dominique Dupuy, originaire du Cap-Haïtien (Nord), a été désignée, à la place de l’ancienne ministre à la condition féminine et des affaires sociales, Marie Ghislaine Mompremier, pour devenir une des membres à un Conseil présidentiel de transition, appelé à prendre les charges politiques d’Haïti après la démission le lundi 11 mars 2024, du premier ministre de facto Ariel Henry.

Les regroupements politiques Résistance démocratique/Engagés pour le développement (Red/Ede) et compromis historique ont fait choix de Dominique Dupuy après son « cri » le lundi 18 mars 2024 devant l’Unesco sur la grave situation sécuritaire, marquée par une aggravation de la terreur et des violences des gangs armés, que vit Haïti depuis le jeudi 29 février 2024.

Haïti étant élue, pour la première fois le vendredi 27 octobre 2023, à la vice-présidence du Conseil exécutif de l’Unesco pour un mandat de 2 ans, Dominique Dupuy, qui affirme n’être pas membre des regroupements politiques qui l’avaient désignée, indique avoir encore beaucoup à faire au sein de l’Unesco.

La coalition politique Red/Ede et compromis historique s’est penché dès ce dimanche sur le choix d’un nouveau représentant au prochain Conseil présidentiel de transition, en la personne de Smith Augustin, ancien ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine. L’information a été confirmée par l’intéressé pour AlterPresse.

Le Conseil présidentiel comprend Edgard Leblanc Fils du Collectif des partis politiques du 30 janvier 2023, Leslie Voltaire du parti politique Fanmi Lavalas, Louis Gérald Gilles de l’accord du 21 décembre 2022, Fritz Alphonse Jean de l’accord de Montana, Laurent St Cyr du secteur privé et Emmanuel Vertilaire du parti politique Pitit Dessalines, qui refusait au départ de faire partie de cette structure.

Ce Conseil présidentiel de transition, qui aura à nommer un nouveau premier ministre par intérim, ne devrait inclure ni des personnes inculpées, ni celles qui sont sous sanctions internationales, qui sont opposées à la résolution de l’Organisation des Nations unies (Onu) en faveur du déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, ou qui sont candidates aux prochaines élections (non encore déterminées).

Se prononçant pour une véritable transition de rupture, avec une équipe devant s’atteler divers chantiers. le Mouvement démocratique populaire (Modep) se déclare contre toute solution mal fagotée, qui viendrait protéger les criminels en Haïti, dans une note transmise à AlterPresse.

Établir un conseil national de sécurité devant statuer et agir sur les problèmes sécuritaires auxquels est confrontée Haïti, rechercher la coopération internationale (non pas l’occupation) en dotant la Police nationale d’Haïti (Pnh) d’effectifs efficaces et de moyens pertinents, réaliser un audit de la gestion du régime du Parti haïtien tèt kale (Phtk) – depuis l’année 2011 jusqu’aux 31 mois du « gouvernement corrompu d’Ariel Henry » … devraient figurer parmi les missions de la nouvelle équipe de transition de rupture, insiste le Modep.

Plusieurs organisations féministes et de défense des droits humains expriment des doutes quant à l’intégrité de certaines personnes, qui devraient composer le Conseil présidentiel de transition, devant permettre de parvenir à une solution à la crise en Haïti, dans une note conjointe.

« Les présumés noms, cités pour la composition de ce Conseil présidentiel, récupérations malheureuses des différents régimes corrompus et criminels qui nous ont gouverné lors des dernières décennies, ne sauraient être celles et ceux qui peuvent offrir cette porte de sortie à la population », mettent-elles en garde.

Les dégâts, causés par plus de 20 ans de mauvaise gouvernance, ne sauraient être réparés avec les mêmes actrices et acteurs, « qui ont minutieusement construit nos malheurs et planifié notre destruction », poursuivent les organisations féministes et de droits humains Nègès Mawon, l’organisation féministe MARIJÀN, Kouraj pou pwoteje dwa moun (Kppdm), l’Organisation Trans d’Haïti (Otrah), la Plateforme genre du Nord-Est (Pgne), le Groupement antipatriarcal pour la justice, l’intersectionnalité, la paix et un ordre nouveau (GRANJIPON), l’Organisation pour l’émancipation des femmes à travers l’éducation (Oefe), l’organisation féministe Dantò. [emb rc apr 24/03/2024 19:51]