Español English French Kwéyol

Haïti-Crise : Amnesty International appelle à cesser les rapatriements de migrant-e-s haïtiens

P-au-P, 20 mars 2024 [AlterPresse] --- L’organisation de droits humains Amnesty International appelle, encore une fois, tous les États des Amériques, en particulier les gouvernements des États-Unis et de la République Dominicaine, « à garantir que les ressortissantes et ressortissants haïtiens ne soient pas refoulés à la frontière ».

Les ressortissantes et ressortissants haïtiens doivent avoir accès à un droit équitable et une procédure d’asile efficace, souhaite Amnesty International, dans une note transmise à l’agence en ligne AlterPresse.

« Les États doivent suspendre les retours vers Haïti, car la situation dans le pays met en danger la vie et la sécurité des ressortissantes et ressortissants haïtiens », exige l’organisation internationale de droits humains, tout en demandant aux États des Ameriques de mettre fin aux politiques et pratiques racistes.

Elle encourage la communauté internationale à fournir une aide humanitaire immédiate pour alléger les souffrances de celles et de ceux qui ont été déplacés et touchés par les violences des gangs armés.

L’administration du président des États-Unis d’Amérique Joseph Robinette (Joe) Biden projette d’utiliser la base américaine de Guantanamo Bay à Cuba, pour traiter et éventuellement rapatrier les migrantes et migrants haïtiens interceptés en mer, en cas d’exode massif vers les États-Unis, a déclaré un responsable américain cité par la chaîne de télévision d’information en continu américaine Cable News Network (Cnn), dans un article.

« Les personnes interceptées en mer font l’objet d’un rapatriement immédiat, conformément à notre politique et à nos procédures de longue date. Les États-Unis renvoient ou rapatrient les migrantes et migrants interceptés en mer vers les Bahamas, Cuba, la République Dominicaine et Haïti », a averti un porte-parole du Conseil national de sécurité sur Cnn.

Dans l’après-midi du mardi 19 mars 2024, les autorités des îles Turks and Caicos ont intercepté, à bord d’un bateau, 95 migrantes et migrants haïtiens (82 hommes et 13 femmes) qui ont été remis au service de l’immigration.

Aucune solution durable ne peut commencer à être construite pour Haïti « qu’à travers une approche, qui donne la priorité au dialogue avec la société civile et aux principales actrices et principaux acteurs politiques, au leadership des communautés affectées et à une réponse internationale axée sur le respect des droits humains », estime, par ailleurs, Ana Piquer Romo, directrice pour les Amériques à Amnesty International.

Six personnalités sur 7, issues de différents secteurs politiques, ont été désignées membres à un Conseil présidentiel de transition constitué avec l’aide de la Communaute des Caraibes (Caricom), suite à la démission, le lundi 11 mars 2024, du premier ministre de facto Ariel Henry.

Pour sa part, le parti politique Pitit Dessalines a décliné l’invitation de faire partie de ce conseil présidentiel.

Deux autres personnes ont été désignées observatrices à cette entité.

Ce Conseil présidentiel de transition, qui aura à nommer un nouveau premier ministre par intérim, ne devrait inclure ni des personnes inculpées, ni celles qui sont sous sanctions internationales, qui sont opposées à la résolution de l’Organisation des Nations unies (Onu) en faveur du déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, ou qui sont candidates aux prochaines élections.

Les partis politiques Rasanbleman sosyalis pou yon inisyativ nasyonal tou nèf (Rasin kan pèp la) et Konbit travayè peyizan pou libere Ayiti (Kontrapèp la) dénoncent une tentative de mainmise de la Communauté des Caraïbes (Caricom) sur le processus de mise en place d’un Conseil présidentiel de transition en Haïti.

Comme critère imposé par la Caricom, toutes celles et tous ceux, qui seront membres du Conseil présidentiel, devraient soutenir la résolution 2699, que le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a votée le lundi 2 octobre 2023 pour autoriser une Mission internationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, désapprouve le parti politique Rasin kan pèp la, dans une note.

Pour sa part, le parti politique Kontrapèp la dit rejeter les conditions imposées par la communauté internationale, pour qu’une personne soit membre du Conseil présidentiel de transition, tout en rappelant combien les protagonistes haïtiens ont déjà défini un ensemble de critères pour choisir les personnes devant diriger une transition de rupture en Haïti. [emb rc apr 20/03/2024 12:00]