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Genre : Cri d’alarme face au recul des droits des femmes, dans un contexte d’atrocités en Haïti

P-au-P, 09 mars 2024 [AlterPresse] --- Dans le contexte de multiples atrocités, perpétrées par les gangs armés, plusieurs institutions nationales et internationales lancent un cri d’alarme face à la dégradation de la situation des droits des femmes en Haïti, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, le vendredi 8 mars 2024, dans différentes déclarations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

« Haïti a besoin d’un souffle nouveau, pour que cessent les atrocités sur les filles et les femmes », souhaite l’Office de la protection citoyenne (Opc), dans une note.

« Beaucoup de femmes sont obligées de fuir leurs maisons, pour se réfugier dans des camps de fortune, où des filles sont privées d’école parce que leurs établissements scolaires sont utilisés comme abris provisoires pour des personnes déplacées internes fuyant la violence des gangs ».

L’Opc réitère son engagement à lutter pour le respect des droits et libertés de toutes les femmes sans discrimination.

De nombreuses femmes sont enlevées, violées et torturées, dénonce-t-il, à l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, marquée en Haïti « par l’incertitude, le viol, la violence et le vide politique ».

Cette journée du 8 mars 2024 soulève, dit-il, un ensemble d’interrogations sur la gravité de la situation socio-politique et la démission visible des autorités de l’État.

« Le vide politique doit être le dernier de ce cycle de l’errance, de l’insécurité et de l’illégalité. Il est temps de mettre fin à l’improvisation et à l’horreur planifiée », espère-t-il.

Le contexte, marqué par les violences des bandes armées, particulièrement dans la Zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince (Zmpp), contribue à la détérioration des conditions de vie de la population, en général, et des femmes en particulier, relève le système des Nations unies en Haïti, dans une note.

A cette occasion, le système des Nations unies en Haïti appelle à investir en faveur de la sécurité des femmes.

Des milliers de femmes enceintes menacées avec les violences des gangs armés

Près de 3,000 femmes enceintes risquent de ne pas pouvoir accéder aux soins de santé essentiels, en cas de paralysie persistante de la Zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, au cours des prochaines semaines, préviennent les Nations unies.

Près de 450 d’entre elles pourraient également souffrir de complications obstétricales, potentiellement mortelles sans assistance médicale qualifiée, ajoutent-elles.

« Malgré les lois votées et les traités signés par Haïti, beaucoup d’efforts restent à faire pour améliorer la situation des femmes en termes d’équité, de justice, de droit à l’éducation, à la santé, afin d’atteindre les objectifs de développement durable », estime le Comité de promotion des éducatrices d’Haïti (Cpeh) de la Confédération nationale des éducatrices et éducateurs d’Haïti (Cneh), dans une note.

A l’occasion de la « journée internationale des droits des femmes », le vendredi 8 mars 2024, la Cpeh dit encourager toutes les actrices et tous les acteurs de la vie nationale à s’unir, en vue de renforcer la lutte des femmes et des filles pour l’égalité, l’équité et la justice sociale.

La Cneh réclame le respect du droit à l’éducation des filles, à la formation des femmes, afin d’éradiquer la pauvreté et l’injustice sociale.

Le Comité de promotion des éducatrices d’Haïti au sein de la Cneh exige le respect des recommandations de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) sur la condition enseignante, le droit au travail et un salaire décent ainsi que les congés de maternité, dans le secteur public et privé de l’éducation.

Beaucoup plus de filles et de jeunes filles et d’autres groupes marginalisés de la société n’arrivent pas à se rendre à l’école, malgré l’obligation faite par la Constitution à l’État de garantir une éducation de qualité, gratuite et de qualité pour toutes et pour tous, regrette, de son côté, le Regroupement éducation pour toutes et tous (Rept).

« Investir dans l’éducation et la formation des femmes, c’est donner à la société un autre avenir » était le thème en 2024 en Haïti de la journée internationale des droits des femmes, qui fut officiellement instaurée le 8 mars 1977 par l’Organisation des Nations unies. [mff emb rc apr 09/03/2024 17:00]