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Haïti : Plus de 15 mille personnes déplacées à Port-au-Prince, avec les nouvelles violences des gangs, selon Ocha

P-au-P, 06 mars 2024 [AlterPresse] --- Plus de 15 mille personnes ont été contraintes de se déplacer dans la capitale, Port-au-Prince, avec les violences provoquées, depuis le jeudi 29 février 2024, par des bandes armées à Port-au-Prince, indique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (Ocha), dans un décompte en date du 6 mars 2024 dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

La majorité de ces personnes s’étaient déjà déplacées à cause de récentes attaques de gangs armés, précise Ocha, soulignant combien la plupart de ces personnes déplacées ont trouvé refuge dans des sites existants, tandis que les autres s’installent dans de nouveaux sites créés spontanément.

Ces familles, qui n’ont aucun autre moyen de subvenir à leurs besoins fondamentaux, font face à des besoins les plus urgents, comme l’accès à la nourriture, aux soins de santé, à l’eau et aux installations d’hygiène, ainsi qu’à un soutien psychologique, signale Ocha.

Depuis le jeudi 29 février 2024, une escalade de violences de gangs armés a secoué la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, où plusieurs sous-commissariats, commissariats et stations de police, ainsi que des édifices publics et privés, ont été pillés et incendiés.

Des assauts ont également été enregistrés contre l’Académie nationale de police.

Ces mobilisations violentes des gangs armés exigent la démission du premier ministre de facto Ariel Henry, en voyage à l’étranger et incapable de retourner en Haïti, en raison des violences armées.

Cette aggravation de la situation « rend extrêmement difficile l’accès aux services sociaux de base, aggravant encore un quotidien déjà précaire », signale le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.

La persistance et l’expansion des violences ont gravement perturbé les opérations des actrices et acteurs humanitaires, qui ont commencé à fournir une aide d’urgence.

« Cette violence ne peut pas continuer, elle doit cesser », a déclaré la coordinatrice résidente et humanitaire des Nations unies, la Suédoise Ulrika Richardson.

« Les violences récentes continuent de laisser des milliers de familles endeuillées et traumatisées, notamment des enfants et des femmes, les plongeant dans une profonde détresse. Des milliers de personnes se retrouvent désormais sans protection, en insécurité et exposées à tous types de risques ».

Les organisations humanitaires se disent profondément préoccupées par l’impact de la violence sur les hôpitaux, les centres de santé et les écoles de Port-au-Prince et de certaines autres villes, poursuit Ocha.

De plus, de nombreux établissements de santé sont fermés ou ont considérablement réduit leurs opérations, en raison d’une pénurie inquiétante de médicaments et de l’absence de personnel médical.

Ocha mentionne aussi des centaines d’écoles, qui sont fermées ou fonctionnent irrégulièrement.

« Haïti est confrontée à une crise humanitaire et de protection complexe. Chaque fois que des violences éclatent, des milliers de personnes tombent dans des situations précaires et ont besoin d’une aide d’urgence ».

Ulrika Richardson appelle à permettre aux organisations humanitaires d’avoir un accès sans entrave aux communautés les plus vulnérables, estimant qu’« au-delà de l’aide humanitaire, Haïti a besoin d’une plus grande solidarité internationale en cette période cruciale ». [emb rc apr 06/03/2024 12:15]