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Haïti : Le Pénitencier national à Port-au-Prince attaqué et vidé d’environ 4 mille détenus

Escalade dans la terreur des gangs à Port-au-Prince

P-au-P., 02 mars 2024 [AlterPresse] --- Seulement une quarantaine de détenus se trouveraient, pour le moment, au Pénitencier national, après l’assaut donné, dans la soirée du samedi 2 mars 2024, par des bandits lourdement armés, indique une source informée à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.

Situé au centre-ville de Port-au-Prince, le principal centre de détention en Haïti, qui accueillait environ 4 mille prisonniers, est ainsi vidé avec cette évasion massive et spectaculaire, favorisée par l’assaut de bandits lourdement armés, signale la même source.

Une escalade de tension est observée, le samedi 2 mars 2024, à la capitale, Port-au-Prince, où des tirs nourris ont été entendus durant la journée et la soirée dans divers quartiers, alors que le Pénitencier national, principale prison du pays au centre de la capitale, Port-au-Prince, a été attaqué dans la soirée par des bandits lourdement armés, selon des informations parvenues à AlterPresse/AlterRadio.

« Des bandits ont donné l’assaut et beaucoup de prisonniers ont pu s’échapper », a fait savoir à AlterPresse un militant de droits humains, faisant le monitoring des prisons.

Des détenus auraient également refusé de vider les lieux et auraient fait appel à leurs parents, avocats ou amis, a-t-il fait savoir à AlterPresse.

L’agence n’a pas pu recueillir des informations sur le moment précis, quand l’attaque a été effectuée, ni sur la manière dont elle a été menée.

Contacté par AlterPresse/AlterRadio, un haut gradé de la police a évité de fournir la moindre information, arguant que le moment n’était pas encore venu de s’exprimer sur le dossier.

Les syndicats de la police ont lancé, sur les réseaux sociaux, des appels à l’aide face à un assaut supposé de bandits armés contre la prison.

Le Syndicat de la Police nationale d’Haïti (Spnh-17) a émis, en milieu de soirée, un SOS sur son compte X, demandant à « tous les policiers et militaires, qui se trouvent à la capitale » de « voler au secours » de leurs frères d’armes « qui luttent » au Pénitencier national, face aux bandits.

Le même SOS a été lancé par le Syndicat national des policiers haïtiens (Synapoha).

Beaucoup de rumeurs circulent à travers les réseaux sociaux, tandis que la plus grande confusion règne, au moment où les bandits sèment la panique à la capitale.

Au centre-ville et dans la périphérie de Port-au-Prince, de fortes détonations sont entendues dans divers endroits, selon des témoignages.

De plus en plus de riveraines et riverains continuent de fuir leurs résidences, plusieurs autres quartiers ayant été assiégés ou ciblés par les gangs.

Dans la soirée, d’intenses tirs ont été entendus, entre autres au Champ de Mars, principale place publique de la capitale, dans les quartiers de Poste Marchand, de l’avenue John Brown plus connue sous le nom de Lalue, etc.

Même situation à Carrefour (périphérie sud) et à Delmas (nord-est de la capitale), ou dans les quartiers situés non loin de l’aéroport international Toussaint Louverture (au nord-est de Port-au-Prince), où la peur s’empare des familles.

Depuis le jeudi 29 février 2024, les gangs armés ont augmenté la pression sur la capitale, Port-au-Prince, redoublant d’actions violentes, qui visent non seulement des zones d’habitations, mais également des institutions publiques et privées, comme l’aéroport international de Port-au-Prince, l’Académie de police et des banques commerciales. [apr 02/03/2024 23:00]

Photo Pénitencier national ; Compte X de Me. Arnel Rémy