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Criminalité : Mobilisation internationale pour le déploiement de la Mmas en Haïti, après son blocage par la Cour suprême du Kenya

P-au-P., 29 janv. 2024 [AlterPresse] --- Plusieurs instances internationales et nationales intensifient leurs mobilisations pour le déploiement de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, après son blocage par la Cour suprême du Kenya le vendredi 26 janvier 2024, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

Dans une déclaration en date du samedi 27 janvier 2024, le porte-parole du département d’État des États-Unis d’Amérique, Matthew Miller, a réaffirmé le soutien de son gouvernement aux efforts internationaux en cours pour déployer une Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti.

« Nous renouvelons nos appels à la communauté internationale pour qu’elle apporte d’urgence son soutien à cette mission », déclare Miller, soulignant combien l’engagement des États-Unis envers le peuple haïtien reste inébranlable.

Le gouvernement étasunien dit prendre « acte de la décision de la Haute Cour de la république du Kenya, concernant le déploiement de la police kenyane en support à la Mission multinationale d’appui à la sécurité en Haïti, et de l’intention déclarée du gouvernement kenyan de contester cette décision ».

Dans une déclaration en date du vendredi 26 janvier 2024, le gouvernement du Kenya dit prendre note de la décision de la Haute Cour du Kenya, rejetant la demande de déploiement de policiers kenyans pour aider la Mmas à rétablir l’ordre public en Haïti.

« Même si le gouvernement respecte l’État de droit, nous avons, néanmoins, pris la décision de contester immédiatement le verdict de la Haute Cour », fait-il savoir, tout en réitérant son engagement à honorer ses obligations internationales en tant que membre de la communauté et du comité des Nations.

« Le Kenya a un bilan exceptionnel en matière de contribution aux missions de maintien de la paix au niveau international, dans des pays comme le Soudan du Sud, la Namibie, la Croatie, le Libéria, Sierra Leone, entre autres », selon la note portant la signature du porte-parole du gouvernement kenyan, Isaac Maigua Mwaura.

Le gouvernement américain estime « urgent que la communauté internationale réagisse aux niveaux sans précédent de violence des gangs et aux forces déstabilisatrices, qui s’attaquent au peuple haïtien ».

Parallèlement, il appelle « à la restauration de l’ordre démocratique, par le biais d’un processus politique inclusif en Haïti ».

« Nous continuons d’encourager et d’inciter les parties prenantes haïtiennes à parvenir à un consensus sur le partage du pouvoir et la gouvernance inclusive. La seule voie légitime vers la paix et la stabilité à long terme passe par des élections libres et équitables ».

Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a autorisé, le lundi 2 octobre 2023, l’envoi de la Mmas en Haiti, par une résolution, suite à une demande, le vendredi 7 octobre 2022, du gouvernement de facto d’Ariel Henry.

Le leadership de la Mmas devrait être assuré par le Kenya.

La décision du vendredi 26 janvier 2024, de la haute Cour du Kenya, constitue une double gifle au peuple haïtien, considère le gouvernement de l’île de la Dominique.

Le gouvernement de La Dominique demande à la communauté des Caraïbes (Caricom) de se réunir d’urgence, pour prendre une autre décision sur ce dossier, rapporte l’agence Associated Press.

Dans une note, le gouvernement de facto de la république d’Haïti affirme suivre l’évolution du dossier au Kenya et dit s’attendre « à un dénouement prompt et positif ».

Exprimant son incapacité flagrante à assurer le maintien d’ordre sur le territoire d’Haïti, le gouvernement de facto en Haïti en profite pour remercier, non seulement « les nombreux pays, qui se sont manifestés pour lui offrir différents types d’aides, afin de rétablir l’ordre et la sécurité au plus tôt », mais également « tous ceux qui continueront de se manifester, afin d’aider à construire une paix durable en Haïti et nous permettre de renouer avec la démocratie ».

Il déclare inviter de nouveau « toutes les structures dites saines de la société à se constituer en un faisceau pour une gouvernance collective et inclusive de cette transition, facilitant la tenue des élections générales dans les meilleurs délais ».

« Face aux menaces des gangs armés, qui continuent à semer la panique, l’heure n’est pas à l’aventurisme, ni à une reprise des manœuvres, qui, dans le passé, ont contribué à l’aggravation de la situation du pays », dixit le gouvernement de facto

Le peuple haïtien est aussi encouragé à garder son calme, à soutenir les forces de l’ordre constitutionnelles, et à ne pas se laisser prendre au piège de l’intimidation par les campagnes de désinformation et les menaces de violence, insiste le gouvernement de facto.

Il appelle la population en général, les écolières et écoliers, les étudiantes et étudiants, les commerçantes et commerçants en particulier, à vaquer librement à leurs activités quotidiennes.

La plupart des habitantes et habitants en Haïti sont restés chez eux, ce lundi 29 janvier 2024, à travers Haïti, y compris dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, lors de la première journée d’une grève générale de trois jours contre la criminalité, projetée jusqu’au mercredi 31 janvier 2024 par plusieurs organisations syndicales.

Il en est résulté une paralysie globale des activités générales, particulièrement scolaires, pendant que de violentes tensions sont observées dans plusieurs villes en Haïti.

Haïti reste le théâtre d’une flambée de violences, dues à une hausse sans précédent des actes de criminalité et des enlèvements, a relevé le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (Binuh).

Au cours de l’année 2023, plus de 8,400 personnes ont été tuées, blessées et/ou kidnappées, a signalé le Binauh, déplorant combien « les multiples crises prolongées ont atteint un stade critique en Haïti ». [emb rc apr 29/01/2024 13:15]