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Crise : Plusieurs députés américains demandent aux États-Unis de cesser de soutenir une intervention armée étrangère en Haïti

P-au-P., 11 déc. 2023 [AlterPresse] --- Cinq députées américaines et un autre député appellent le gouvernement des États-Unis d’Amérique à retirer son soutien au déploiement d’une force multinationale en Haïti, en proie à la violence des gangs armés, dans une lettre adressée au secrétaire d’État étasunien, Antony Blinken, le vendredi 8 décembre 2023, et dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

« Le peuple haïtien mérite une gouvernance stable et une transition démocratique du pouvoir, dirigée par les Haïtiennes et Haïtiens », a déclaré, ce lundi 11 décembre 2023, l’une des signataires de la lettre, la députée du Massachusetts Ayanna Pressley, sur son compte ‘’X’’.

Ayanna Pressley invite à nouveau le Département d’État américain à cesser de soutenir une intervention armée étrangère dans le pays.

« Nous sommes gravement préoccupés par le fait qu’une intervention étrangère armée ne servirait qu’à renforcer un dirigeant illégitime et saperait les efforts d’un gouvernement de transition représentatif, visant à définir le soutien réel souhaité de la communauté internationale », lit-on dans la lettre, signée par les députées Ayanna Pressley du Massachusetts, Yvette Clarke de New York, Rashida Harbi Tlaib du Michigan, Barbara Lee de Californie, Janice dite Jan Schakowsky de l’Illinois et James Patrick McGovern dit Jim McGovern du Massachusetts.

Une intervention militaire étrangère « risque davantage de déstabiliser Haïti, de mettre en danger davantage de personnes innocentes et de consolider le régime illégitime actuel », craignent ces 6 législatrices et législateur américains.

L’Onu attachée à l’envoi d’une force multinationale en Haïti

L’Organisation des Nations unies (Onu) dit espérer l’envoi de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti au cours du premier trimestre 2024 (janvier-mars 2024), a fait savoir la représentante spéciale adjointe du Bureau intégré des Nations unies en Haïti, la Suédoise Ulrika Richardson, lors d’un point de presse à Genève, en Suisse, le vendredi 8 décembre 2023.

« Bien sûr, il est très difficile d’avoir une estimation du moment où ils (les policiers et soldats) arriveront en Haïti. Cela dépend de la justice kenyane et bien sûr de beaucoup d’autres éléments, tels que le financement (…) », a nuancé la coordonnatrice résidente et humanitaire des Nations unies en Haïti.

Cette force multinationale, dont les effectifs totaux et la composition ne sont pas encore définitivement fixés, devrait comprendre 2,500 à 2,600 membres, dont 1,000 Kenyans, a-t-elle précisé.

La Mmas, autorisée par le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), le lundi 2 octobre 2023, devrait aider la Police nationale d’Haïti (Pnh) à combattre les gangs armés, qui terrorisent la population haïtienne.

La haute Cour de justice kenyane devrait se prononcer, le 26 janvier 2024, sur le déploiement ou non d’une force multinationale en Haïti.

Le jeudi 16 novembre 2023, le parlement kényan a approuvé le déploiement de 1,000 policiers kenyans en Haïti, pour aider à lutter contre les gangs armés.

Les 6 députés américains exhortent aussi le gouvernement des États-Unis à « bloquer rapidement les expéditions d’armes vers Haïti et à tenir les trafiquants d’armes et les financiers des gangs pour responsables de leurs actions ».


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L’Office de contrôle des avoirs étrangers (Ofac) du Département du trésor américain a annoncé avoir sanctionné les chefs de gangs Johnson André alias Izo du gang de Village de Dieu, Renel Destina alias Ti Lapli du gang Gran Ravin, Vitel’homme Innocent du gang Kraze Baryè et Wilson Joseph alias Lanmò san jou du gang 400 Mawozo pour violations de droits humains, dans un communiqué en date du 7 décembre 2023.

Ces quatre chefs de gangs sont accusés d’assassinats, enlèvements contre rançons, vols, viols, pillages et incendies de résidences, entre autres.

Un gouvernement de transition est la seule voie viable pour qu’Haïti retrouve la stabilité et la démocratie, estiment les 6 législatrices et législateur américains.

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais António Guterres déclare exprimer sa préoccupation face aux « progrès limités du dialogue inter-haïtien vers une solution politique durable et inclusive, pour restaurer les institutions démocratiques » en Haïti, a rapporté, le jeudi 7 décembre 2023, son porte-parole Stéphane Dujarric, dans un communiqué.

L’Onu souligné « l’importance d’un accord sur la restauration des institutions démocratiques – prévoyant des élections crédibles, participatives et inclusives – pour parvenir à un État de droit et à une sécurité durables ».

Le Groupe des éminentes personnalités (Gep) de la communauté des Caraïbes (Caricom) qui a suggéré, à travers un projet de cadre de transition, de mettre en place une structure gouvernementale de transition en Haïti, pour mettre fin à l’impasse politique prolongée, effectue leur quatrième visite en Haïti, du mercredi 6 au jeudi 14 décembre 2023, en vue de faciliter un accord entre les protagonistes politiques, pour une issue à la crise.

Le Bureau de suivi de l’accord (Bsa) du 30 août 2021, connu sous le nom d’accord de Montana, assimile le projet de cadre de transition du Gep de la Caricom à un renforcement et une légitimation de la présence au pouvoir du premier ministre de facto Ariel Henry, dans une note critique.

Le partage de gâteau à la direction politique en Haïti serait une porte ouverte à l’aggravation de la corruption actuelle. Le partage de gâteau entraînerait « des conséquences néfastes sur le fonctionnement du gouvernement et l’organisation sereine du processus électoral », avertit le mouvement Montana.

Tout en réduisant la grave crise multidimensionnelle en Haïti à une simple crise électorale, le document du Groupe de personnalités éminentes (Gpe) de la Caricom ignore également « la nécessité d’entreprendre des réformes transitionnelles pour créer les conditions d’une élection non contestée, encourageant la participation des électrices et des électeurs ». [emb rc apr 11/12/2023 11:20]