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Trafic de drogue : Guy Phillipe déporté des États-Unis vers Haïti

L’ex officier de police a perdu ses droits civils et politiques, selon le Rnddh

P-au-P., 30 nov. 2023 [AlterPresse] --- L’ancien officier de police, Guy Philippe, 55 ans (né le 29 février 1968), qui a purgé une peine d’emprisonnement de 6 ans, aux États-Unis d’Amérique, pour blanchiment d’argent lié au trafic illicite de drogue, après son arrestation à Pétionville le jeudi 5 janvier 2017, est déporté vers Haïti, ce jeudi 30 novembre 2023, à bord d’un vol avec plus d’une douzaine d’autres personnes, selon un article du journal américain Miami Herald, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Guy Philippe a été immédiatement placé en garde à vue par la Direction centrale de la police judiciaire (Dcpj), rapporte le journal Miami Herald.

Dans une déclaration transmise à AlterPresse, le samedi 7 janvier 2017, l’ambassade américaine en Haïti avait applaudi l’arrestation, dans l’après-midi du jeudi 5 janvier 2017, pour trafic de drogue, de Guy Philippe.

L’ancien commissaire de police, également chef des insurgés ayant conduit à la chute du président Jean Bertrand Aristide le 29 février 2004, Guy Philippe, qui avait plaidé coupable pour blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, a perdu ses droits civils et politique en Haïti, déclare le directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (Rnddh), Pierre Espérance, dans une interview à la plateforme AlterPresse/AlterRadio, quelques heures après la déportation de l’ancien officier de police.

Toutefois, « en tant qu’Haïtien, personne ne pouvait l’empêcher de revenir au pays après avoir purgé sa peine aux États-Unis », nuance le militant des droits humains.

« S’il y a des dossiers contre Guy Philippe, la justice doit le poursuivre. Mais, pour l’instant, je ne suis au courant d’aucun dossier pouvant provoquer son arrestation », souligne Pierre Espérance.

Accusé dans l’attaque d’un commissariat de police dans la ville des Cayes (departement du Sud), le 15 août 2016, l’ancien rebelle Guy Philippe doit répondre de ces actes, estime le Rnddh.

Cependant, la justice haïtienne ne peut pas le poursuivre pour les faits ayant causé sa condamnation aux États-Unis, fait remarquer le Rnddh, qui attend de voir à l’œuvre les institutions nationales dans le cadre de ce dossier.

Quel avenir politique pour Guy Philippe en Haïti ?

Le Rnddh affirme ne voir aucun avenir politique pour celui qui a grandement participé aux mouvements de protestations, ayant conduit à la chute de l’ancien président Jean-Bertrand Aristide.

Élu sénateur en 2016 dans le département de la Grande Anse (une partie du Sud-Ouest d’Haïti), Guy Philippe ne jouit plus de ses droits civils et politiques, insiste le Rnddh.

« Je souhaite que le délinquant Guy Philippe ne va pas tomber dans des activités criminelles, comme par le passé. Je souhaite qu’il n’aille pas se laisser influencer par des acteurs criminels pour intégrer des gangs armés, comme les regroupements criminels G9 ou Gpep. Je souhaite qu’il change de comportement ».

« La Constitution haïtienne est claire. Guy Philippe, qui a été condamné pour blanchiment d’argent lié au trafic de drogue, ne peut plus se présenter aux élections. D’ailleurs, il doit présenter ses excuses à la population de la Grande Anse pour l’avoir trompée », signale le Réseau national de défense des droits humains. [mff ppsf emb rc apr 30/11/2023 15:15]