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L’agriculture familiale en Haïti sert de modèle en Suisse, selon l’ingénieur agronome suisse Maurice Clerc

Par Marie Farah Fortuné

P-au-P., 30 nov. 2023 [AlterPresse] --- L’agriculture familiale paysanne ou encore la culture mêlée en Haïti est de plus en plus utilisée comme modèle par des agricultrices et agriculteurs en Suisse, fait savoir l’ingénieur agronome suisse Maurice Clerc, à l’émission Pou demen ka bèl diffusée sur AlterRadio 106.1 fm et diverses autres plateformes Internet, et suivie par l’agence en ligne AlterPresse.

Les paysannes et paysans en Suisse ont commencé à s’intéresser à la culture mêlée. Actuellement, la culture de denrées mêlées est pratiquée sur plusieurs milliers de carreaux de terre et ceci en partie, grâce à Haïti, se réjouit Maurice Clerc.

« L’agriculture familiale paysanne ou la culture mêlée, pratiquée en Haïti, peut produire beaucoup plus de nourriture que si on cultive une seule plante. C’est une richesse à protéger à tout prix », argue-t-il.

Il est possible de faire augmenter le rendement de la culture mêlée, en améliorant les techniques paysannes, pour protéger la terre dans un sens beaucoup plus durable, fait remarquer l’ingénieur agronome suisse.

Il appelle à continuer d’améliorer cette façon de cultiver les terres, avec des techniques et connaissances nouvelles, pour se diriger vers ce qu’on appelle l’agroécologie.

« Cette agriculture représente un modèle pour la vie, en lieu et place de grandes plantations où on ne cultive qu’une seule denrée ».

Ces grandes plantations n’ont aucun avenir, parce qu’elles dépendent souvent de produits chimiques, explique l’ingénieur agronome suisse, suggérant de retourner à l’agriculture familiale tout en l’améliorant.

En Haïti, en Afrique et dans les pays tropicaux, les expériences montrent que si nous enrichissons la terre avec des produits naturels on peut faire de gros progrès, c’est reconnu sur le plan international, avance l’ingénieur agronome suisse.

Il est possible d’améliorer les terres des mornes, même celles qui ont été touchées par beaucoup d’érosion, continue-t-il.

« Dans le jardin traditionnel en Haïti, il y a beaucoup de denrées mêlées que les paysans haïtiens cultivent, il existe toutes sortes de plantes de différentes hauteurs qui produisent du maïs, du petit mil, de la banane, du pois et des fruits », relève Maurice Clerc, qui a vécu pendant huit années en Haïti avec sa femme et sa famille et a beaucoup travaillé avec les paysannes et paysans haïtiens.

« C’était presque une découverte. Car, en Suisse, les paysannes et paysans cultivent une seule denrée (monoculture), il n’y a pas de tradition de cultures mêlées ou d’associations de cultures », souligne-t-il.

« Il existe une pratique de culture en rotation en Suisse, héritée des ancêtres. On peut, cette année, cultiver du blé sur une terre, et l’année prochaine des pois (haricots), puis après quelque temps semer de l’herbe », préconise l’ingenieur agronome suisse Maurice Clerc. [mff emb rc apr 30/11/2023 10:35]