Español English French Kwéyol

Haïti-Crise : Un impératif de boucler, le 7 février 2024, la période de transition avec Ariel Henry, exigent plusieurs partis politiques

P-au-P., 07 nov. 2023 [AlterPresse] --- La date du 7 février 2024 devrait être la fin de la période de transition avec le premier ministre de facto Ariel Henry, déclare la nouvelle coalition politique « Front uni pour une sortie de crise efficace et durable » [1], dans une interview à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.

« L’article 20 de l’accord 21 décembre 2022, appelé Consensus national pour une transition inclusive et des élections transparentes, indique clairement que le pouvoir de transition du premier ministre de facto Ariel Henry prendra fin le 7 février 2024 », rappelle le coordonnateur du regroupement de partis politiques dénommé Front uni, Canova Jean-Baptiste.

Le gouvernement de facto doit laisser sa place à un autre gouvernement de transition supporté par le peuple, ayant les compétences et les capacités pour faire face à la crise multidimensionnelle haïtienne, réclame le Front uni.

Pour assurer la réussite de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti, qui devrait être déployée prochainement en Haïti, Ariel Henry doit quitter le pouvoir, exige le Front uni pour une sortie de crise efficace et durable.

« L’accord de Montana a toujours souhaité un départ ordonné d’Ariel Henry. Selon l’accord du 21 décembre 2022, évoqué par Mirlande Hyppolite Manigat, Ariel Henry doit partir le 7 février 2024 », souligne l’un des membres de l’accord de Montana, Patrick Joseph, joint au téléphone par AlterPresse.

Les signataires de l’accord du 30 août 2021, dit accord de Montana, préconisent la mise en place d’un collège présidentiel de cinq membres, la formation d’un organe de contrôle et d’un gouvernement d’unité nationale avec, à sa tête, un premier ministre, dans l’objectif d’établir un pouvoir de transition consensuel.

Le collège présidentiel de cinq membres fonctionnera selon les prescrits de la Constitution et de la feuille de route de Montana.

Le premier ministre de facto Ariel Henry doit démissionner avec son équipe, en vue de l’établissement d’un Conseil national de transition (présidence collégiale), recommande le mouvement Montana.

Ce conseil devrait être formé avec des membres issus du secteur privé, de la diaspora haïtienne, de l’accord du 21 décembre 2022, des forces politiques signataires de la déclaration de Kingston (Jamaïque) du 13 juin 2023, de l’accord du 30 août 2021 et du Conseil national de transition, lit-on dans une note du groupe Montana.

La présidente du Haut conseil de la transition (Hct), Mirlande Hippolyte Manigat, a reconnu publiquement la fin, à la date du 7 février 2024, de la période de transition dirigée par le premier ministre de facto Ariel Henry.

Depuis l’année 2021, l’organisation des scrutins pour renouveler le personnel politique est dans l’impasse, en raison de mésententes politiques et de l’aggravation du climat de terreur, entretenue, en toute impunité, par les gangs armés en Haïti.

Émanant d’un « consensus dit national », en date du 21 décembre 2022, « pour une transition inclusive et des élections transparentes », le Hct a été formé en vue de veiller à l’organisation d’élections au cours de l’année 2023 et favoriser le dialogue national.

En étroite collaboration avec le gouvernement, le Hct est aussi « appelé à s’assurer de la crédibilité et de l’intégrité des élections, en participant au choix des membres du Conseil électoral provisoire (Cep) et en organisant des évaluations d’étape, assorties de recommandations pour la performance du processus électoral ».

Dans des interviews à la plateforme AlterPresse/AlterRadio, le mouvement Montana ainsi que plusieurs partis politiques qualifient de démagogique et de partisane la signature, le mercredi 21 décembre 2022, de ce document dit de « consensus national », par le gouvernement de facto, avec plusieurs représentants de partis politiques, d’organisations de la société civile et du secteur privé. [je emb rc apr 07/11/2023 10:10]

Photo : Capture d’écran


[1Lancé officiellement le mercredi 25 octobre 2023 à Pétionville, le regroupement Front uni pour une sortie de crise efficace et durable » est composé de plusieurs partis politiques, dont le Parti haïtien tèt kale (Phtk), les Engagés pour le développement (Ede), le Mouvement patriotique populaire dessalinien (Mopod), Konsyans patriyotik, l’Union nationale pour l’intégrité et la réconciliation (Unir), les signataires non-alignés au premier ministre Ariel Henry, le Parti national démocratique progressiste d’Haïti (Pndph), l’Organisation du peuple en lutte (Opl), la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh), Grand rassemblement pour l’évolution d’Haïti (Greh) et le parti libéral haïtien (Plh).