P-au-P., 19 oct. 2023 [AlterPresse] --- Le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) a adopté à l’unanimité, ce jeudi 19 octobre 2023, la résolution 2700 relative au renouvellement du régime de sanctions, adopté le vendredi 21 octobre 2022, contre les individus et entités qui financent les gangs en Haïti, a observé l’agence en ligne AlterPresse.
Le régime de sanctions, reconduit par la résolution 2700, a été établi en octobre 2022 par la résolution 2653 pour une période initiale d’un an.
Les sanctions consistent à interdire aux personnes ciblées de voyager, à geler leurs avoirs et à imposer un embargo sur le trafic illégal d’armes suivant le texte approuvé par le Conseil de sécurité de l’Onu.
L’Onu a aussi renouvelé, pour une année supplémentaire (jusqu’au 19 octobre 2024), le comité de sanctions et adopté le rapport final du groupe d’experts sur Haïti, qui a été mandaté pour aider le conseil de sécurité et son comité sur Haïti, afin de fournir des informations pertinentes pour la désignation éventuelle d’individus et d’entités, visés par une mesure de gel des avoirs et d’une interdiction de voyager pour les individus.
L’ancien président Joseph Michel Martelly (2011 à 2016), le sénateur Youri Latortue, ex-président du sénat (2017 à 2018), l’ancien député Prophane Victor (2016 à 2020) et le directeur général du groupe Deka, Reynold Deeb sont impliqués dans le financement des gangs armés en Haïti, révèle le groupe d’experts de l’Onu sur Haïti, dans son rapport final rendu public le 18 octobre 2023.
« Le Canada a imposé des sanctions à 25 personnes, tandis que les États-Unis l’ont fait pour 9 ressortissants haïtiens et ont refusé d’accorder un visa à de nombreux autres », lit-on dans ce rapport.
Il s’agit d’un effort important du Conseil de sécurité de l’Onu « pour favoriser un retour de la paix dans le pays », estime le représentant d’Haïti aux Nations unies, l’ambassadeur Antonio Rodrigue, en réaction au vote du jeudi 19 octobre 2023.
Tout en saluant le travail du comité de sanctions, l’ambassadeur Antonio Rodrigue dit accueillir favorablement le rapport du groupe d’experts de l’Onu.
« L’adoption de cette résolution, qui s’inscrit dans le cadre du chapitre 7 de l’Onu, survient quelques jours après l’adoption de la résolution 2699 autorisant une Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti », note Rodrigue.
De l’avis de l’ambassadeur Rodrigue, « en renouvelant pour une année le mandat du comité de sanctions sur Haïti et le groupe d’experts sur Haïti, le Conseil de sécurité de l’Onu envoie un signal clair aux personnes et entités, qui contribuent à la détérioration de la sécurité dans le pays et font peser une menace sur la sécurité de la région ».
Le diplomate insiste sur le trafic des armes qui, dit-il, constitue un élément central de la grave crise multidimensionnelle à laquelle fait face Haïti.
Les États membres doivent se montrer plus proactifs dans la lutte contre le commerce des armes, qui sèment le deuil dans les familles haïtiennes et qui déstabilisent le tissu social, économique et politique du pays.
« Les sanctions vont contribuer à apaiser le climat sociopolitique dans le pays », espère Rodrigue.
Tout en plaidant pour la mise en application des différentes résolutions votées sur Haïti, Antonio Rodrigue dit attendre « la publication de la liste complète des principaux acteurs, liés à l’aggravation de la crise sécuritaire dans le pays ».
Adoptée à l’unanimité ce jeudi 19 octobre 2023, la résolution 2700 a été rédigée par les États-Unis d’Amérique et l’Équateur.
A l’issue du vote, le représentant des États-Unis, l’ambassadeur Robert Wood, a salué l’adoption de cette nouvelle résolution du Conseil de sécurité de l’Onu, qui, dit-il, constitue « une mesure importante » pour aider le peuple haïtien, victime de violences de bandes organisées, de l’insécurité alimentaire, de la flambée du choléra, de l’instabilité et de la souffrance inutile.
« Nous nous félicitons de la prorogation du mandat du groupe d’experts sur Haïti et du renouvellement de l’embargo sur les armes, sur les interdictions de voyage et sur le gel des avoirs. Nous sommes profondément touchés par la situation humanitaire et sécuritaire en Haïti. Beaucoup d’Haïtiennes et d’Haïtiens continuent de souffrir de la violence, qui s’installe dans le pays ».
L’adoption de cette résolution représente un outil clé, qui permet au Conseil de sécurité de l’Onu de maintenir davantage de sécurité dans le pays, fait valoir Robert Wood.
« Nous pensons que cet appel international pour une intervention en Haïti est un appel sérieux crédible ».
Selon le diplomate américain, il s’agit d’une approche « qui nous permet de relever des défis en Haïti ».
« Lorsque le Conseil de sécurité de l’Onu a voté le régime de sanctions, il a répondu à l’appel du peuple haïtien faisant face aux actions des bandes criminelles. Aujourd’hui, cette résolution est une réponse à cette situation et nous croyons qu’il est urgent d’agir. Nous sommes très attachés à ajouter les désignations de ces régimes de sanctions et nous encourageons les États membres à collaborer avec nous ».
Sur ce plan, « les États-Unis souhaitent soutenir le peuple haïtien et nous collaborons avec les membres du Conseil de sécurité, le gouvernement haïtien et toutes les parties prenantes pour faire revenir la paix dans en Haïti et dans toute la région », a déclaré Robert Wood.
« Les sanctions peuvent être légitimes et efficaces, et peuvent avoir un impact sur les populations civiles. Il se félicite de l’adoption de la résolution, prolongeant pour un an de plus (jusqu’à octobre 2024) le mandat du comité de sanctions sur Haïti », estime, pour sa part, le représentant du Brésil, l’ambassadeur Sergio Danese.
Le représentant de la Chine, l’ambassadeur Geng Shuang, se félicite du vote de la résolution, tout en applaudissant le travail du groupe d’experts et du comité de sanctions de l’Onu.
« Les bandes organisées sont partout en Haïti et le peuple haïtien vit dans la misère. Avec le vote de cette résolution, nous espérons que cela peut jouer un rôle pour atténuer les souffrances liées aux bandes criminelles en Haïti », souhaite le représentant de la Chine auprès de l’Organisation des Nations unies. [ppsf emb rc apr 19/10/2023 13:10]
