P-au-P., 09 oct. 2023 [AlterPresse] --- L’organisme Gardiens des droits humains (Gdh) exhorte le gouvernement de facto à définir clairement la responsabilité juridique et personnelle des membres de la force multinationale, « pour éviter des dommages regrettables de trop au peuple haïtien », dans une note dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
« La présence de la force multinationale qui s’annonce ne doit pas être une garantie d’impunité pour des actrices et acteurs de la classe politique, des gens d’affaires du secteur privé, des autorités gouvernementales et d’une frange malveillante de la communauté Internationale », met-il en garde.
L’organisme Gdh exprime ses réserves sur la concrétisation des objectifs de cette force soutenue par l’Organisation des Nations unies (Onu), « qui, elle-même, a déjà un passé sulfureux en république d’Haïti, à travers nombre de missions d’échec effectuées ».
Ayant été établie dans le pays le 1er juin 2004 par une résolution du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu), la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustah) est responsable de l’introduction, en 2010, de l’épidémie du choléra dans le pays, qui a causé, jusqu’en 2019, plus de 10,000 décès et plus de 820,000 infections.
Elle était aussi impliquée dans plusieurs actes de viols sur des jeunes et dans de nombreuses violations de droits humains.
Tout en prenant acte de la résolution du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies en date du lundi 02 octobre 2023, autorisant le déploiement d’une Mission multinationale d’appui à la sécurité (Mmas) en Haïti sous le commandement du Kenya, suite à une demande, le 7 octobre 2022, du gouvernement de facto, l’organisme Gdh dit espérer que ladite force ne sera pas « une entreprise de maquillage de trop ».
Selon cette résolution, la mission multinationale doit fournir un appui opérationnel à la Police nationale d’Haïti (Pnh), notamment renforcer ses capacités par la planification et la conduite d’opérations communes d’appui à la sécurité.
Cette force s’emploiera « à lutter contre les bandes et à améliorer les conditions de sécurité dans le pays, où règnent enlèvements, violences sexuelles et fondées sur le genre, traite des personnes, trafic de migrants, contrebande d’armes, homicides, exécutions extrajudiciaires et recrutement d’enfants par des groupes armés et des réseaux criminels », indique la résolution adoptée avec 13 voix pour et deux abstentions (la Chine et la Fédération de Russie).
« Tous ceux, qui participent à la mission proposée, doivent prendre les mesures nécessaires pour prévenir l’exploitation et les abus sexuels et contrôler tout le personnel ».
La résolution prévoit, donc, des enquêtes rapides sur toute allégation de mauvaise conduite.
De plus, « les personnes impliquées dans la mission doivent adopter une gestion des eaux usées et d’autres contrôles environnementaux, pour empêcher l’introduction et la propagation de maladies d’origine hydrique, telles que le choléra », recommande-t-elle.
Le vote de cette résolution, intervenu dans un contexte marqué par une grave criminalité en Haïti, est qualifié « d’historique » par plusieurs pays membres, alors qu’ un goût amer persiste à propos des diverses missions étrangères déployées dans le pays durant les dernières décennies.
Entre les 1er janvier et 9 septembre 2023, trois mille homicides, plus de 1,500 victimes d’enlèvements contre rançons et quelque 200 mille personnes déplacées, à cause des violences, ont été enregistrées en Haïti, selon un rapport des Nations unies.
Par ailleurs, l’organisme Gdh dénonce une collusion entre des autorités gouvernementales et des groupes criminels, laquelle « constitue déjà un problème majeur pour avoir des résultats escomptés et durables dans la lutte contre la criminalité organisée en Haïti ».
Il encourage toutes les forces vives de la nation à se mettre ensemble, pour définir un nouveau pacte de gouvernabilité, tant politique, qu’économique et social, répondant aux aspirations du peuple haïtien dans la sincérité.
L’organisme Gardiens des droits humains prône un renforcement institutionnel et une justice impartiale, sécurisant potentiellement les institutions républicaines et moralisant véritablement la vie sociétale. [emb rc apr 09/10/2023 11:50]
