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Crise : L’Onu adopte une résolution autorisant le déploiement d’une force multinationale en Haïti

P-au-P., 02 oct. 2023 [AlterPresse] --- Les membres du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) ont approuvé, ce lundi 2 octobre 2023, la résolution rédigée par les États-Unis d’Amérique, autorisant le déploiement d’une force internationale en Haïti pendant un an, pour aider à combattre les gangs armés et à rétablir la sécurité, observe l’agence en ligne AlterPresse.

La résolution a été adoptée par 13 votes pour et deux abstentions.

Le déploiement de la force multinationale sera réexaminé neuf mois (soit en juillet 2024) après l’adoption de la résolution, selon la résolution qui intervient près d’un an, après que le gouvernement de facto en Haïti a demandé, le jeudi 7 octobre 2022, le déploiement immédiat d’une force armée étrangère pour lutter contre les gangs dans le pays.

Cette force non onusienne sera financée par des contributions volontaires des pays membres de l’Onu.

Elle doit fournir un soutien opérationnel à la Police nationale d’Haïti (Pnh), qui est sous-financée et sous-équipée, avec seulement quelque 10 mille agentes et agents actifs pour un pays de plus de 11 millions d’habitantes et d’habitants, indique la résolution, qui salue la décision du Kenya de diriger la force de sécurité multinationale.

La force internationale contribuera à renforcer les capacités de la Pnh, « à travers la planification et la conduite d’opérations conjointes de soutien à la sécurité alors qu’elle s’efforce de lutter contre les gangs et d’améliorer les conditions de sécurité en Haïti ».

Sa mission consistera aussi à sécuriser « les sites d’infrastructures critiques et les lieux de transit, tels que l’aéroport, les ports et les carrefours clés ».

La force serait autorisée, selon la résolution, à « adopter des mesures temporaires urgentes à titre exceptionnel », pour éviter des pertes de vies humaines et aider la police à maintenir la sécurité publique, si nécessaire.

La résolution condamne « la violence croissante, les activités criminelles et les abus et violations des droits de l’homme qui compromettent la paix, la stabilité et la sécurité d’Haïti et de la région, y compris les enlèvements, la violence sexuelle et sexiste, la traite des personnes et le trafic illicite de migrants, les homicides, les exécutions extrajudiciaires, ainsi que la contrebande d’armes ».

Entre les 1er janvier et 9 septembre 2023, trois mille homicides, plus de 1,500 victimes d’enlèvements contre rançon et quelque 200 mille personnes déplacées, à cause des violences, ont été enregistrées en Haïti, selon un nouveau rapport des Nations unies.

Toutes les communes de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, y compris certaines considérées comme sûres jusqu’à récemment, sont désormais touchées par l’escalade alarmante de la violence enregistrée depuis le début de l’année 2023, signale-t-il.

Le rapport onusien souligne combien « les gangs font preuve d’une brutalité croissante, mutilant et brûlant des corps publiquement et partageant ensuite les images effroyables sur les médias sociaux ».

Des balises pour éviter les erreurs du passé

« Tous ceux, qui participent à la mission proposée, doivent prendre les mesures nécessaires pour prévenir l’exploitation et les abus sexuels et contrôler tout le personnel », exige la résolution.

Elle prévoit, donc, des enquêtes rapides sur toute allégation de mauvaise conduite.

De plus, « les personnes impliquées dans la mission doivent adopter une gestion des eaux usées et d’autres contrôles environnementaux, pour empêcher l’introduction et la propagation de maladies d’origine hydrique, telles que le choléra », recommande-t-elle. [ppsf emb rc apr 02/10/2023 15:20]