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Crise : Un projet de résolution autorisant une « Mission multinationale de soutien à la sécurité » en Haïti à l’étude au Conseil de sécurité de l’Onu

P-au-P., 07 sept. 2023 [AlterPresse] --- A une semaine de la date du vendredi 15 septembre 2023, quand devrait se tenir une réunion au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (Onu) sur l’envoi ou non d’une force multinationale en Haïti, le gouvernement des États-Unis d’Amérique a soumis un premier projet de résolution devant autoriser une force multinationale en Haïti, révèle le journal américain Miami Herald, dans un article consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

Le document a été partagé, le mardi 5 septembre 2023, aux 15 membres permanents du Conseil de sécurité de l’Onu.

« Mission multinationale de soutien à la sécurité » est le nom donné par les États-Unis à cette force, dans le projet de résolution, au lieu de la décrire comme une force multinationale onusienne.

Ce projet de résolution est soumis aux États membres du Conseil de sécurité de l’Onu, dans un contexte où les violences des gangs armés continuent de s’aggraver en Haïti.

En dépit du changement éventuel de nom de la mission, certains pays ne seraient pas encore sûrs de leur participation à cette initiative, selon ce que rapporte le journal floridien.

Des questions persistent encore au Conseil de sécurité de l’Onu au sujet de la Russie et de la Chine, deux pays membres permanents du Conseil de sécurité qui ont le droit de veto sur toute résolution.

La Russie et de la Chine ont émis des critiques les plus virulentes contre des interventions militaires passées en Haïti.

Un autre facteur important résiderait dans la complexité de la crise haïtienne, qui s’est aggravée notamment depuis l’assassinat, le 7 juillet 2021, de l’ancien président de facto Jovenel Moise, souligne le journal Miami Herald.

Face à cela, les États-Unis, l’Onu et d’autres membres de la communauté internationale ont appelé à un accord politique plus large, avant tout déploiement de forces étrangères.

Toutefois, certains partis et regroupement de partis politiques, dont le groupe des signataires de l’accord du 30 août 2021 plus connu sous le nom d’accord de Montana, appellent à la démission du premier ministre de facto Ariel Henry et de son gouvernement « criminel », qui, « accélérant sans frein le plan génocidaire, qui vise à dépeupler le pays... a kidnappé notre pays et perpétré des crimes contre l’humanité (...) sous les yeux du monde entier ».

Une mission de la Caricom à pied d’œuvre en Haïti

Alors que le climat de terreur des gangs armés gagne du terrain sur tout le territoire national, environ huit personnalités d’une nouvellle délégation de la Communaute des Caraibes (Caricom), qui est entrée au pays le lundi 4 septembre 2023, s’est entretenue avec le premier ministre de facto Ariel Henry, le mardi 5 septembre 2023, en sa résidence privée.

Elle a aussi discuté avec d’autres actrices et acteurs, dont les signataires de la déclaration de Kingston en juin 2023 et le Collectif des partis politiques du 30 janvier 2023 le mercredi 6 septembre 2023.

Au cours de cette rencontre avec la délégation de la Caricom, les représentantes et représentants de la Déclaration de Kingston ont plaidé pour la démission d’Ariel Henry.

Dans le cadre de leurs echanges avec les protagonistes haïtiens, les émissaires de la Caricom devraient recueillir la position de groupes respectifs dans la perspective d’une rencontre commune pour la signature d’un accord global.

Près d’un an après avoir proposé le déploiement immédiat d’une force multinationale d’action rapide, pour aider les Haïtiennes et Haïtiens à revenir à un semblant de normalité, aucun accord n’est encore trouvé entre les États-Unis et ses partenaires sur ce qui semble un dossier compliqué.

Une délégation d’autorités du Kenya, comprenant de hauts gradés de la police, avait effectué une mission d’évaluation et de reconnaissance en Haïti au mois d’août 2023.

Pour établir leur présence en Haïti, les responsables kényans auraient besoin d’un seuil minimum de 2,000 officiers prêts à être déployés sur base d’une résolution de l’Onu, a rapporté le journal américain Miami Herald.

Le week-end dernier, le secrétaire général e l’Onu, le Portugais dAntonio Guterres, s’est rendu à Nairobi, où il a rencontré le président kényan William Ruto, en marge du sommet africain sur le climat.

Les deux ont discuté de l’offre de Ruto d’envisager d’envoyer 1,000 policiers en Haïti et de diriger la mission.

« Le président kényan a informé le secrétaire général (de l’Onu) que le Kenya étudie la situation sur le terrain en Haïti », a déclaré, le mardi 5 septembre 2023, Farhan Haq, porte-parole adjoint de Guterres, au journal Miami Herald. [ppsf emb rcc apr 07/09/2023 14:20]