P-au-P, 09 août 20203 [AlterPresse] --- Un nombre indeterminé de femmes et filles déplacées, en raison du climat de terreur instauré par les gangs armés, continuent de subir de multiples actes de violences, relèvent les organisations féministes Nègès Mawon et Marijàn, dans une note conjointe dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.
Ces organisations féministes ne cessent point de recevoir dans leurs bureaux beaucoup plus de femmes déplacées en quête d’accompagnement après avoir été victimes de violences.
Au mois de mai 2023, Marijàn a reçu plus de 400 femmes victimes de violences, tandis que 46 femmes ont appelé l’organisation au téléphone pour demander de l’aide.
« Nous avons emmené 5 personnes à l’hôpital, réalisé des suivis pour plus de 100 femmes ayant subi des viols et agressions physiques et sexuelles ».
Pour sa part, Nègès Mawon a accompagné, notamment au niveau médical, psychologique et économique, plus de 600 femmes de Cité Soleil, La Saline, Saint-Martin, et Bel Air, victimes de diverses formes de violences.
Plusieurs dizaines de familles ont fui leurs demeures, le dimanche 23 juillet 2023, dans la commune de Tabarre (nord-est de Port-au-Prince) pour se réfugier devant l’ambassade américaine, afin d’échapper aux actes de violence du gang Kraze baryè.
Violemment chassées de cet endroit, le mardi 25 juillet 2023, par la Police nationale d’Haïti (Pnh), ces familles se sont rendues dans plusieurs espaces à Port-au-Prince comme l’Eglise primitive internationale à Delmas 19, l’Eglise pentecôte la délivrance à Delmas 75, les camps Jamaïque sur la route de l’aéroport, Shalom à Cité Soleil, Kay Castor sur la place de Clercine, Cap tomtom à Maïs-Gâté, l’Eglise de Dieu union des frères à Delmas 65, énumérèrent les organisations féministes Nègès Mawon et Marijàn.
Cette situation inquiète les femmes et filles qui risquent de subir toutes sortes de violence, d’abus, de harcèlements sexuels, dans les communautés où elles ont été reçues, préviennent-elles.
Elles demandent au Ministère de la justice et de la sécurité publique (Mjsp) d’assumer ses responsabilités, en protégeant ces dizaines de familles déplacées et en faisant régner la paix dans les quartiers.
Elles appellent aussi la Pnh à prendre toutes les dispositions, afin d’identifier les agents qui ont violenté ces personnes déplacées et prendre des sanctions contre eux.
Les actes de violence de la Pnh, commis sur des personnes cherchant refuge, les font vivre non seulement dans beaucoup plus de peur, mais encore les font perdre totalement confiance dans les autorités, déplorent les organisations féministes Nègès Mawon et Marijàn. [mff emb rc apr 09/08/2023 11:20]
