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L’Onu s’élève contre la recrudescence des violences armées ciblant le personnel et les structures médicales en Haïti

P-au-P, 10 juil. 2023 [AlterPressse] ---Le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’Organisation des Nations unies (Ocha) dénonce la recrudescence des actes de violences armées ciblant le personnel et les structures médicales à Port-au-Prince et dans le reste d’Haïti, dans une note de préoccupations dont a pris connaissance la plateforme AlterPresse/AlterRadio.

L’incursion d’une vingtaine d’hommes armés, dans la nuit du jeudi 6 au vendredi 7 juillet2023, dans l’hôpital de Médecins sans frontières (Msf) à Tabarre (l’une des municipalités au nord-est de Port-au-Prince) est une des plus récentes illustrations de ces attaques, condamne Ocha.

« Les attaques perpétrées à l’encontre du personnel de santé mettent en péril le fonctionnement de ces structures, qui sont souvent forcées à fermer, privant les plus vulnérables de soins vitaux. Le travail du personnel de santé est l’exemple de l’implication quotidienne de nombreuses structures locales et internationales aux côtés des Haïtiennes et des Haïtiens pour assurer leur accès à la santé et autres services de base », a déclaré la Suédoise Ingeborg Ulrika Ulfsdotter Richardson (plus connue sous le nom d’Ulrika Richardson), Coordonnatrice humanitaire et représentante spéciale adjointe du secrétaire général de l’Onu.

La communauté humanitaire appelle toutes les parties prenantes à cesser immédiatement toutes formes de violences contre les communautés et les infrastructures humanitaires, et à respecter la neutralité des structures de santé et de leur personnel.

« Le travail du personnel de santé, de toutes les actrices et de tous les acteurs humanitaires est l’exemple de l’implication quotidienne de nombreuses structures locales et internationales aux côtés des Haïtiennes et des Haïtiens pour assurer leur accès à la santé et autres services de base », rappelle Ocha.

Dans la nuit du 6 au 7 juillet (2023), une vingtaine d’hommes armés sont violemment rentrés dans l’hôpital Msf de Tabarre, situé à Port-au-Prince, pour emmener de force un patient blessé par balle, qui se trouvait encore en salle d’opération, s’est insurgée l’organisation Médecins sans frontières.

« Msf condamne fermement cette incursion, qui démontre une fois de plus le niveau de violence inouïe qui sévit aujourd’hui dans la capitale haïtienne, et se voit contrainte de suspendre pour l’heure l’ensemble de ses activités de traumatologie et de prise en charge des brûlés de l’hôpital de Tabarre ».

« Le 6 juillet 2023 au soir, un homme blessé par balle s’est présenté spontanément à la porte de l’hôpital, où il a rapidement été admis au vu de la gravité de ses blessures. Alors qu’il se trouvait encore au bloc opératoire, deux hommes se sont présentés à l’hôpital, simulant une urgence vitale. Lorsque la porte d’enceinte a été ouverte, une vingtaine d’hommes armés et cagoulés se sont violemment engouffrés dans l’hôpital à la recherche du patient blessé non stabilisé, qu’ils ont ensuite emmené avec eux ».

En janvier 2023, l’organisation Msf a suspendu son soutien à l’hôpital Raoul Pierre-Louis de Carrefour (municipalité au sud de Port-au-Prince) pour des raisons sécuritaires.

En avril 2022, Msf a dû fermer temporairement l’hôpital de Drouillard, dans les environs de Cité Soleil (au nord).

En juin 2021, Msf a définitivement clos les portes de son centre d’urgence à Martissant, quartier pris sous l’étau des gangs armés.

Face à la répétition des incidents sécuritaires, subis par les équipes médicales de Msf à Port-au-Prince, l’organisation Médecins sans frontières demande à nouveau aux différentes parties au conflit de respecter les structures médicales, afin qu’elles puissent continuer à jouer leur rôle.

Mais, affirme-t-elle, l’organisation Médecins sans frontières demeure déterminée à rester aux côtés de la population haïtienne, première victime de la grave dégradation sécuritaire que connaît le pays depuis quelques années. [ppsf rc apr 10/07/2023 14:21]