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Violences : L’Anmh applaudit les sanctions dominicaines contre des personnalités politiques et autres individus en Haïti

P-au-P, 18 avril 2023 [AlterPresse] --- Les sanctions, infligées par le Canada, les États-Unis d’Amérique et la République Dominicaine, à l’encontre de certaines personnalités politique et économiques en Haïti, représentent de bonnes dispositions pour le pays, estime l’Association nationale des médias haïtiens (Anmh) dans une interview accordée à la plateforme AlterPresse/AlterRadio.

« Ces sanctions montrent effectivement à ces personnalités qu’elles ne peuvent pas faire ce qu’elles veulent. Elles ne peuvent pas tuer des personnes dans leur propre pays, maltraiter leur propre peuple et vendre des armes », déclare le président de l’Anmh, Jacques Sampeur.

Aucune personne n’est au-dessus de la loi. Donc, aucune personne ne peut faire ce qu’elle veut, rappelle l’Anmh.

« Les personnes, impliquées dans le trafic d’armes et le financement des gangs armés, devraient d’abord être sanctionnées par les autorités haïtiennes, mais elles ne l’ont pas fait. C’est la permissivité de l’État, nous n’avons pas de justice », déplore l’Anmh.

« Il faut que la justice haïtienne prenne ses responsabilités pour sanctionner ceux qui méritent d’être sanctionnés », souhaite le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile (Isc), Rosny Desroches, qui réagissait, sur la plateforme AlterPresse/AlterRadio, sur les sanctions prises par la République Dominicaine contre plusieurs personnalités politiques après celles du Canada et des États-Unis.

Les sanctions, infligées par le Canada, les États-Unis et la République Dominicaine peuvent aider Haïti à lutter contre la corruption, affirme, de son coté, l’économiste et politologue, Joseph Harold Pierre, interrogé par AlterPresse/Alterradio.

Après le Canada et les États-Unis, la République Dominicaine a, à son tour, annoncé des sanctions contre 39 personnalités politiques haïtiennes et autres, qui seraient impliquées dans la violence en Haïti.

Un ordre, signé du président dominicain Luis Abinader, en date du 14 avril 2023, empêche désormais l’entrée dans son pays de plusieurs politiciens haïtiens, dont les anciens premiers ministres Laurent Salvador Lamothe et Evans Paul, en vue de « protéger la sécurité » de la population dominicaine.

Le titulaire de facto du Ministère de l’agriculture et des ressources naturelles (Marndr), Brédy Charlot, n’a plus le droit, non plus, de fouler le sol dominicain.

Le Canada et les États-Unis ont déjà sanctionné plus d’une soixantaine de personnes, depuis octobre 2022, pour financement des gangs, corruption et blanchiment d’argent, issu, entres autres, du trafic de drogue.

« Les bandits kidnappent, font fuir les gens de leurs quartiers, leurs domiciles. Ils tuent comme bon leur semble. Nous ne sentons pas la présence des autorités. La presse haïtienne est en danger. Les policiers sont livrés à eux mêmes. Plusieurs d’entre eux sont assassinés. Il n’existe aucune volonté réelle pour combattre la criminalité », condamne l’Anmh, signalant combien la situation actuelle est inacceptable.

Jusqu’à présent, le vice président de l’Anmh, Robert Denis, également directeur général de la télévision Canal Bleu, enlevé le mardi 11 avril 2023, sur la route de Frères, est entre les mains des kidnappeurs, s’indigne l’Association nationale des médias haïtiens.

Au total 531 personnes ont été tuées et 277 autres kidnappées, de janvier à mars 2023, dans un contexte de violences armées entre gangs rivaux, dans la zone métropolitaine de la capitale, Port-au-Prince, a relevé, le mardi 21 mars 2023, le Haut commissariat de l’Organisation des Nations unies (Onu) aux droits humains (Hcdh). [je emb rc apr 18/04/2023 13:25]