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Crise : Diverses organisations internationales réitèrent leur opposition à toute intervention militaire étrangère en Haïti

P-au-P, 31 mars 2023 [AlterPresse] --- La crise en Haïti ne peut être résolue que par le peuple haïtien, estiment plusieurs organisations sociales internationales [1], tout en déclarant s’opposer à toute intervention militaire étrangère en Haïti, dans une lettre adressée aux présidents américain et français, Josep Robinette Biden dit Joe Biden et Emmanuel Macron, au premier ministre canadien Justin Trudeau ainsi qu’aux chefs de gouvernement de la Communauté des Caraïbes (Caricom).

Les autorités américaines, françaises et canadiennes sont coupables de soutenir un gouvernement illégitime, critiquent-elles, dans cette lettre dont a pris connaissance l’agence en ligne AlterPresse.

Le Core Group et l’élite haïtienne ont contribué à la prolifération des gangs armés en Haïti, fustigent ces organisations, qui demandent au gouvernement américain d’assumer la responsabilité de son incapacité à arrêter le flux d’armes des États-Unis vers Haïti.

Ces organisations ont exprimé cette position à l’occasion du 36e anniversaire, le mercredi 29 mars 2023, de la Constitution du 29 mars 1987.

Une journée internationale de solidarité avec Haïti a été organisée par plusieurs organisations des Caraïbes, à cette occasion.

Ces organisations demandent aux pays du Core Group de cesser d’interférer dans les affaires en Haïti.

Elles recommandent aussi à la France de rembourser la dette, qu’elle doit à Haïti.

« Le remboursement de cette dette contribuera, de manière significative, à ce qu’Haïti soit en mesure de résoudre bon nombre de problèmes économiques et sociaux, auxquels elle est confrontée ».

Selon le journal New York Times, la France doit à Haïti 112 millions de francs, soit environ 560 millions de dollars américains aujourd’hui (Ndlr : US $ 1.00 = + 165.00 gourdes ; 1.00 dollar canadien = 115.00 gourdes ; 1 euro = 170.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 2.90 gourdes aujourd’hui).

Lors d’une rencontre, le jeudi 30 mars 2023, le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, et le président de la République Dominicaine, Luis Abinader, ont exprimé leurs préoccupations concernant la détérioration des conditions de sécurité en Haïti.

Trudeau et Abinader insistent sur la nécessité d’exiger des comptes de celles et de ceux, qui encouragent la violence, la corruption et l’instabilité en Haïti.

Tout en réitérant l’importance d’une solution dirigée par les Haïtiennes et Haïtiens à la crise, le gouvernement canadien se dit déterminé à aider la Police nationale d’Haïti (Pnh) à rétablir la paix et la sécurité.

Le premier ministre de facto Ariel Henry a sollicité, le 7 octobre 2022, auprès de la communauté internationale, l’envoi d’une force multinationale. La demande d’intervention militaire étrangère en Haïti, formulée par le gouvernement de facto, a été qualifiée d’actes criminels et de trahison par des secteurs organisés. [wr emb rc apr 31/03/2023 17:15]


[1Parmi ces organisations figurent l’Assemblée des peuples des Caraïbes, chapitre de Trinité-et-Tobago, le Comité de soutien à l’émancipation, le Mouvement syndical paritaire, le Mouvement pour la justice sociale, la Centrale syndicale nationale, le Réseau des Ongs pour la promotion de la femme.