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Crise : Les pays membres de la Celac interpellés sur l’envoi d’une force internationale en Haïti

P-au-P, 25 janv. 2023 [AlterPresse] --- Les pays membres de la Communauté des États latino-américains et des Caraïbes (Celac), qui le peuvent, sont encouragés à « étudier les options » concernant leur éventuelle participation à une force multinationale spécialisée, pour faire face aux violences des gangs armés en Haïti, selon les informations rassemblées par l’agence en ligne AlterPresse.

C’est ce qui ressort d’une déclaration, à l’issue du VIIe sommet de la Celac, à Buenos Aires (Argentine), auquel a participé, le mardi 24 janvier 2023, le premier ministre de facto, Ariel Henry.

Cette force multinationale spécialisée devrait aider « les forces de sécurité haïtiennes à lutter contre la prolifération du crime organisé et le trafic illicite d’armes et de munitions, éradiquer les gangs qui ont pris le pays en otage, qui empêchent la libre circulation des personnes et des biens, limitent l’accès des personnes vulnérables à l’aide humanitaire et aux soins de santé et handicapent les préparatifs pour l’organisation des élections libres, transparentes et inclusives », selon la Celac.

Dans une déclaration spéciale, adoptée le 19 septembre 2022, la Celac avait souligné « la nécessité d’apporter un soutien à la république d’Haïti, en raison de ses implications pour la paix et la sécurité dans la région ».

Le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu), le Portugais Antonio Guterres, avait remis au Conseil de sécurité une lettre en date du 8 septembre 2022, présentant des options pour un soutien renforcé à la sécurité en Haïti.

Le gouvernement de facto en Haïti a sollicité, le 7 octobre 2022, auprès des Nations unies, l’envoi d’une force multinationale spécialisée, une demande critiquée par divers secteurs de la vie nationale.

Lors de sa participation au VIIe sommet de la Celac, le chef du gouvernement de facto en Haïti a souhaité un concours des pays de la Celac sur le terrain.

« Il ne s’agit pas, pour nous, de refaire ce qui a échoué dans le passé et de recommencer avec les formules onusiennes, qui ont consisté à venir faire le travail à la place des Haïtiens », selon Ariel Henry, déclarant privilégier une approche nouvelle et différente.

Ariel Henry demande « un accompagnement robuste, de la part des pays frères, pour appuyer les efforts des forces de sécurités locales ».

« Nous avons besoin de matériels, d’équipements et de formations pour nos forces de l’ordre. », fait savoir Ariel Henry au sommet de la Celac, au cours duquel des dizaines de ressortissants haïtiens, résidant en Argentine, ont protesté contre sa présence avec le support de Sudaméricains.

Le secrétaire général des Nations unies, le Portugais António Guterres, a réaffirmé combien il faut, de toute urgence, déployer une force armée spécialisée internationale, en Haïti, dans un rapport daté du 17 janvier 2023.

Il appelle à « rétablir l’état de droit, afin que le peuple haïtien puisse exercer ses droits politiques et civils, notamment le droit de voter en toute sécurité, lors d’élections générales ».

Guterres plaide également en faveur d’un « renforcement des capacités en matière de développement et de fonctionnement de la Police nationale d’Haïti (Pnh) », qui doit s’accompagner de mesures permettant au système de justice pénale d’être efficace.

L’Américaine Helen Meagher La Lime, Représentante spéciale du Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (Onu) et cheffe du Bureau intégré des Nations unies pour Haïti (Binuh), a alerté sur les niveaux de violence liée aux gangs armés, jamais atteints depuis plusieurs décennies, lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’Onu, le mardi 24 janvier 2023.

Elle a souligné une augmentation des meurtres et enlèvements pour une quatrième année consécutive.

Environ 1,400 enlèvements ont été enregistrés en 2022, soit plus du double de 2021, une moyenne de quatre par jour, a indiqué La Lime. [emb rc apr 25/01/2023 12:20]