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Haïti : Interpellation d’un prêtre lavalas à l’occasion des funérailles du journaliste Jacques Roche

P-au-P, 21 juil 2005 [AlterPresse] --- Le père Gérard Jean Juste, un des bras droits de l’ancien président Jean Bertrand Aristide, a été interpellé ce 21 juillet à Pétionville (est de la capitale) par des policiers nationaux haïtiens, aidés des agents de la Mission des Nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH), peu avant le début de la cérémonie funéraire en hommage au journaliste et poète Jacques Roche, a constaté un journaliste d’AlterPresse.

Conduit par les policiers au Commissariat de Pétion-Ville situé à proximité de l’église Saint-Pierre, où allait se dérouler une célébration eucharistique pour Jacques Roche, le Curé de la Paroisse Sainte Claire de la Petite Place Cazeau à Delmas 33 a été menacé par une foule immense qui venait rendre un ultime hommage au responsable de la section Culture et Société du Journal Le Matin, dont le corps a été retrouvé mutilé à Delmas 4 le 14 juillet, 4 jours après son enlèvement.

"La foule voulait le dévorer. Nous avons décidé de le conduire ici pour éviter que la situation dégénère. Il reviendra à la Justice de décider de son sort", a déclaré David Bazile, Secrétaire d’Etat à la Sécurité Publique qui a visité le prêtre Lavalas au Commissariat de Pétion-Ville.

La clameur publique était très vive vis-à -vis du responsable religieux lavalas, considéré comme intrus aux obsèques du journaliste martyr Jacques Roche, dont le meurtre est attribué aux partisans armés de l’ancien régime.

Accompagné d’un avocat étranger, le père Gérard Jean Juste aurait demandé à célébrer les obsèques du journaliste tué, mais la foule en colère exigeait plutôt son exécution purement et simplement. Jusqu’à la fin de la matinée du 21 juillet, pendant que se tenait la cérémonie funéraire, Jean-Juste, qui était gardé à vue à un bureau de police de Pétionville, n’avait voulu faire aucune déclaration à la presse.

Le 20 juillet, le bras droit de l’ex-dictateur haïtien a été entendu par le magistrat instructeur Jean Pérez Paul sur les actes de violences enregistrés dans la capitale depuis le 30 septembre 2004, date du déclenchement de l’opération dite "Bagdad" par les dévots de l’ancien régime.

Au cours de cet interrogatoire, Jean Juste avait déclaré appuyer toutes les actions pacifiques menées par les partisans lavalas pour réclamer le retour au pouvoir de Jean Bertrand Aristide.

"Les actes de kidnapping ont en fait commencé le 29 février 2004" à la chute de l’ancien régime, lorsque Aristide "a été kidnappé par la communauté internationale", a renouvelé Jean Juste le 20 juillet.

A la mi-juillet 2005, le prêtre lavalas a été auditionné par les agents du service d’immigration américains à Miami, alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Port-au-Prince à bord d’un vol de la American Airlines.

Ce n’est pas la première comparution du père Gérard Jean Juste par-devant la Justice haïtienne.

En octobre 2004, il a été emprisonné pour son implication présumée dans les exactions commises par les sbires de l’ancien régime Lavalas de Jean Bertrand Aristide. A sa libération, le prêtre lavalas avait promis de continuer à lutter en faveur du retour au pouvoir de l’ancien dictateur. [jj do rc apr 21/07/05 11 : 30]