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Crise : Le Canada prône un changement d’approche pour éviter les erreurs du passé en Haïti

P-au-P, 13 déc. 2022 [AlterPresse] --- Le premier ministre canadien Justin Trudeau a souligné l’importance de changer d’approche, concernant une éventuelle intervention de la communauté internationale en Haïti, afin d’éviter de répéter les erreurs du passé, lors d’une entrevue accordée à la Presse canadienne, rapporte un article du quotidien canadien Le Devoir, consulté par l’agence en ligne AlterPresse.

« Notre rôle est de voir comment on peut aider et on ne peut plus être naïfs là-dedans. Si on voulait bien aider au cours des dernières années, mais que ça a donné ce qu’on voit maintenant, il faut qu’on ait une nouvelle approche », a déclaré Trudeau.

Le régime de sanctions du Canada serait, pour le moment, un élément de la nouvelle approche, souhaitée par le premier ministre canadien, alors que les États-Unis d’Amérique espéreraient voir le Canada prendre le leadership d’une intervention militaire en Haïti.

Entre novembre et décembre 2022, le Canada a pris des sanctions contre 11 personnalités politiques et hommes d’affaires de l’élite économique, soupçonnés d’implication dans le financement d’activités criminelles dans le pays.

De leur coté, les États-Unis ont aussi sanctionné des fonctionnaires et anciens hauts fonctionnaires de l’État, accusés de supporter de telles activités.

« On emmène les États-Unis et peut-être même l’Europe à (mettre de l’avant) leurs propres sanctions aussi », a dit Trudeau, annonçant que d’autres sanctions allaient s’ajouter à la liste du Canada.

Éviter la répétition des erreurs du passé

Le premier ministre canadien a reconnu « sans détour » combien « les interventions passées du Canada n’ont pas permis aux Haïtiennes et Haïtiens de trouver un climat de stabilité », selon le quotidien Le Devoir.

Les résultats escomptés n’ont pas été atteints en Haïti, dans le cadre de plusieurs initiatives en matière de développement international, comme celles de formation de policières et policiers nationaux, regrette Trudeau.

30 ans plus tard, « le pays se retrouve dans une crise aussi grave sinon pire que les autres », en dépit de la longue histoire du Canada en Haïti, relève-t-il.

En plus d’une nouvelle vague de violences, instaurées par beaucoup de bandes armées, qui tuent, kidnappent et violent de nombreuses femmes et filles, la république d’Haïti est aussi confrontée à une résurgence de choléra et une insécurité alimentaire.

Environ 4 millions 700 mille personnes se trouvent dans cette situation d’insécurité alimentaire en Haïti.

Le Canada pourrait assumer un rôle de leader, dans le cadre d’une intervention étrangère permettant d’ériger un corridor humanitaire, sollicitée, en octobre 2022, par le premier ministre de facto en Haïti, Ariel Henry, tenterait d’assurer le premier ministre canadien.

Trudeau aurait écarté toutes possibilités de rôle secondaire, selon l’article du quotidien le Devoir.

Le gouvernement du Canada voudrait impliquer des intervenants, issus des Caraïbes et de l’Amérique du Sud, fait savoir le premier ministre canadien, tout en réitérant combien le Canada serait « au premier plan ».

Il renouvelle la volonté du Canada d’entraîner les Haïtiens à trouver un consensus sur la marche à suivre.

Dans cette même optique, l’ambassadeur du Canada aux Nations unies, Bob Rae, a été dépêché en Haïti, pour tenter de trouver une voie de passage vers un consensus appelé à déboucher sur une sortie de crise.

Il ne faut pas nécessairement débarquer des milliers de soldats pour rétablir l’ordre en Haïti, a suggéré Rae, après sa mission d’observation de quelques jours dans le pays.

« Il y aura peut-être de la place, où la police et les forces armées de l’étranger peuvent aider. Mais, ça ne sera pas en remplaçant la Police nationale haïtienne (Pnh). Nous devons l’appuyer », avance-t-il, lors d’une émission de la radio canadienne ICI Première. [emb rc apr 13/12/2022 11:55]