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Après l’assassinat de Jacques Roche

AfricAmerica exige un renforcement des capacités de la médecine légale en Haïti

Communiqué de la Fondation AfricAmerica

Soumis à AlterPresse le 20 juillet 2005

La Fondation AfricAméricA, endeuillée par l’assassinat de l’un de ses membres fondateurs, Jacques Roche, poète, critique, journaliste et militant, à l’appel de l’ensemble des institutions culturelles haïtiennes, fermera ses portes le jeudi 21 juillet 2005.

Nous savons tous que ce crime restera impuni, nous ne nous égarerons guère cette fois, à crier justice.

Nous exigeons que le gouvernement haïtien prenne ses responsabilités et cesse d’ignorer la question cruciale de la médecine légale dans le contexte judiciaire haïtien. Il est inadmissible, au XXI e siècle qu’un seul et unique médecin légiste continue à desservir une population estimée à 8,000,000 d’habitants !

Aucune enquête criminelle ne risque d’aboutir sur des conclusions scientifiques dans des conditions aussi ubuesques ! Aucune démission ministérielle, au niveau de la justice, aucun changement à la tête de la PNH, ne pourront pallier à cette absurdité.

Nous exigeons que les autorités haïtiennes prennent les mesures nécessaires pour que les enquêtes criminelles reposent, désormais, sur des bases scientifiques.

Nous dénonçons également, le laxisme onusien, sa responsabilité dans l’amplification du chaos actuel. Parce que, si un certain flou est savamment alimenté quant à la nature de la mission de ses forces présentes en Haïti, aucun doute ne plane quant à son mandat de désarmement des groupes armés, quels qu’ils soient.

Nous exigeons que la MINUSTAH agisse conséquemment et procède, de manière non dérisoire, à l’exécution du DDR (NDLR : Désarmement, Démobilisation, Réinsertion), pour que ces trois lettres cessent de rimer sur le sol haïtien avec : Démagogie, Désinformation et Revenus pour les occupants.

Barbara Prézeau Stephenson
19 juillet 2005