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Haïti : Une affaire de blanchiment d’argent crée des remous

P-au-P, 18 juil 2005 [AlterPresse] --- L’Association Syndicale Professionnelle des Notaires de Port-au-Prince (ASNOP) compte introduire une action en justice contre le Directeur Général de l’Unité Centrale de Renseignement Financier (UCREF), Jean Yves Noà« l, suite à la publication par l’UCREF d’un rapport d’enquête, mettant en cause des notaires dans la dilapidation de fonds publics sous le régime Lavalas de Jean Bertrand Aristide.

Les noms de Jean Henry Céant et de Emile Giordani, notaires publics oeuvrant respectivement à Port-au-Prince et à Pétion-Ville, figurent sur une liste de personnes que mentionne le rapport de l’UCREF en rapport avec des activités de blanchiment d’argent durant l’administration d’Aristide.

« Le crime de blanchiment d’argent c’est un crime transnational. C’est une méchanceté de la part de Jean Yves Noà« l (...) Je vais contacter mon avocat afin de voir dans quelles mesures on peut intenter une action en justice contre lui », s’est insurgé Jean Henry Céant, Secrétaire général de l’ASNOP.

Le 29 novembre 2004, l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) a été choisie pour diligenter une enquête financière contre la Fondation Aristide pour la Démocratie ainsi que sur le nommé Ricardo SANON et ses apparentés. Cette décision a été prise suite à une ordonnance du cabinet d’instruction près le tribunal civil de Port-au-Prince.

Cette enquête a été réalisée en plusieurs étapes, qui ont permis aux membres de l’UCREF de recueillir des documents se rapportant à la création, au fonctionnement, aux activités et aux finances de cette organisation philanthropique à but non lucratif dirigée par l’ancien président Jean Bertrand Aristide.

Selon l’UCREF, cette enquête financière se heurte à des obstacles majeurs. Des correspondances, adressées aux notaires de la juridiction de Port-au-Prince, concernant les biens immobiliers du sieur Ricardo Sanon et les entreprises qu’il dirige, sont restées sans suite. De plus, Ricardo Sanon serait un prête-nom qui gère plusieurs comptes, apparemment commerciaux, brassant beaucoup de liquidités.

Les notaires ont nié avoir tenté de bloquer les opérations de l’UCREF. « Nous voulons prouver que c’est un grand mensonge, parce que nous avons signé un accord avec Jean Yves Noà« l par devant le doyen du tribunal où nous avons promis à l’UCREF toute notre collaboration », a déclaré Emile Giordani, membre de l’ASNOP.

Les fonds concernés dans cette affaire de corruption totalisent 74, 883,437.35 gourdes, d’une part, et 487,721.65 dollars US, d’autre part, indique le rapport.

Selon les membres de l’Association Syndicale Professionnelle des Notaires de Port-au-Prince, l’UCREF n’a jamais consulté aucune institution.

Le 9 juillet, le nouveau ministre de la justice, Henri Dorléans, qui participait à une émission débat sur la station privée Radio Caraïbes, à Port-au-Prince, a pointé du doigt la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA) pour n’avoir pas fourni des renseignements à l’UCREF. En réaction, des membres de la Cour ont déclaré n’avoir été consultés à aucun moment de la durée. [do gp apr 18/07/05 12 : 00]